lundi, 29 juin 2009

Baston

Ca devient n'importe quoi sur VB. En effet. Bon je vais vous parler de Colette*, vite fait, la naissance du jour particulièrement, premier contact avec cet écrivain femme - et chacun sait que j'ai une tendresse pour les écrivains et pour les femmes, ce qui fait que là je suis vraiment désarmé...

Vraiment de superbes descriptyions de la provence que je ne connais pas, mais c'est sensuel à hurler ce désir qui s'apaise doucement dans la terre brûlante. J'achète.

Sinon le titre du billet? Premiers envois de manuscrits à des éditeurs, de manuscrits papier s'entend. L'âge d'homme. Sur ce bonne soirée à tous. Et à toutes. Et à quelques unes. Et à une.

Et on esère que j'en fais moins des caisses quand j'écris un peu plus sérieusement... Ah ah...

-----

Une de mes 5èmes, à qui j'offrais un beau vieil exemplaire de ce roman: "Ah Colette, merci,, j'aime beaucoup!" Elle doit faire 1m30, n'a pas 12 ans et a lu Le blé en herbes déjà. Non vraiment la vie est sublime. La décadence attendra un peu.

samedi, 27 juin 2009

Enfers troués

Sous l'écran géant séparant les deux scènes une trouée rectangulaire. S'y déployait, dans l'immobilité d'une demi mille, et dans une lumière fatiguée de poussière suspendue, le vert las des frondaisons d'un bosquet pentu. Il est 21h, les enceintes prométhéennes assomment les arbres égarés du grand champ, les âmes sobres ou mélancoliques.

Je pense à Colette, disant la fatigue des plantes, des arbres, des fleurs dans le bruit. M'y voilà. A main droite, moins loin déjà, je vois d'autres arbres, à travers leur feuillage le soleil victorieux qui s'en va coucher répand son flot généreux sur les festivaliers. C'est très beau. Je ferme les yeux pour imaginer le frémissement imperceptible des feuilles dans l'air lourd de Clisson.

Je suis venu sans déguisement, mon jean est bleu, mon T-shirt marron - celui qu'elle aime. Je suis venu avec mes yeux verts aussi et ils s'obstinent à vouloir comprendre. Ce soir ils ne comprennent pas grand chose je dois dire. Au milieu d'un concert, - était-ce quand la chanteuse d'Epica avec ses talons et sa tenue de combat offrait sa chevelure rousse au ventilo ridicule de l'avant scène? - un papillon blanc a voleté tout armé d'humilité au dessus du public et c'était beau.

Je crois que j'ai regardé la chanteuse qui s'appelait Simone et qui était "bonne" à ce que j'ai cru comprendre. Mais j'ai surtout guetté la brune au cheveux ondulés, en genre de tailleur noir à col échancré dans les coulisses, à gauche, qui buvait, je crois, le flot magnétique de la star - amoureuse? Elle avait l'air d'avoir de très beaux cheveux, cette brunette, et de n'avoir besoin d'aucune aile de ventilateur.

Sa peau était très blanche. Elle aussi. Et j'avais de l'orgueil à la chercher du regard entre le caméraman abruti et les guitaristes pas mauvais. Je me disais que tous regardaient Simone ou pire se regardaient regarder Simone.

L'important c'est que j'ignorais son nom, que je la regardais. Et puis il y a autre chose, mais elle aussi doit savoir, ce n'est pas la peine de le dire. (Voilà bien les hommes!)

En tout cas il y a eu de belles choses au hellfest. Mais Clisson est une ville magnifique qu'il faut arpenter au calme. La Sèvre qui y coule a des airs de Charente quelquefois. Le château témoigne superbement de l'orgueil médiéval. On y arrose les environs d'un regard martial. On peut remonter le long de la rue pentue, passer sous l'arbre couché au lourd tronc tordu.

Sur les remparts une vieille dame, très belle, a fait des moulinets en disant: "Ah on n'avait pas peur des sacrifices à l'époque". Elle se prenait pour une catapulte, ses yeux étaient pleins de feu, de vie encore. Moi j'étais comme un  abruti avec mon portable parce que j'avais des affaires à régler.

Et là le cyber ferme.

vendredi, 26 juin 2009

Roupillon céleste

Ils dormaient. Ils étaient deux, deux hommes. Deux jeunes hommes même. Les trente ans, quand on commence à devenir un peu un homme - et ça prendra dix pleines années, mais ça vaut le coup, je crois. Et donc ils dormaient. Toute paix au milieu du raffut. C'était grandiose, vraiment. Attendrissant aussi.

Les gens s'arrêtaient, prenaient des photos. Ils ricanaient parfois, vous savez comme on ricane quand une chose est trop belle, par une sorte de pudeur prête à tout, jusqu'au travestissement infamant de la mesquinerie.

ce n'est pas que l'homme ne puisse être mesquin. Mais devant la beauté de ces deux hommes endormis, cette force enchevêtrée tendrement, amitié ignorée peut-être, de circonstance, de fatigue et d'ivresse. En tout cas ces deux hommes qu'un sommeil sublime réunissait dans sa tendresse et sa force virile, ces deux hommes endormis étaient sans doute la plus belle chose qu'on pouvait voir ces trois jours au Hellfest.

Et les badauds qui riaient faisaient seulement semblant de rire. Moi j'avais envie de les prendre en photo, sans aucune raillerie. Parce qu'ils étaient beaux. Mais je n'avais pas mon appareil. Alors j'ai pris mon carnet et j'ai noté ce que j'ai pu.

Et maintenant sans même regarder mes notes j'ai écrit ce billet et je suis déçu. Mais il ne faut pas, il faut juste continuer.

jeudi, 25 juin 2009

Fantômes

Il y avait cette femme, blonde, fluette, en ballerines. Elle était debout, à la lisière de la foule amassée devant la scène rugissante. J'étais assis à l'ombre d'un arbre impassible dans le vacarme du Hellfest. Et je la regardais. Elle guettait dans la foule, avec tout son corps comme dressé vers le ciel, toute attente. Une prière au ciel presque.

J'avais envie de lui dire - je crois qu'elle était étrangère, elle avait un pavillon roulé à la main, un pavillon étranger - de lui dire, en anglais, que sa beauté appelait des talons, tout son corps ainsi dressé réclamait ces talons. Certainement si je ne le disais pas, ce compliment horriblement nécessaire personne ne le lui dirait. Et ce serait dommage.

Elle porte sans doute des talons, en d'autres circonstances. Au Hellfest, déjà, éviter les rangeo et les Doc Martins, c'est pas mal. Le talon y serait provocateur. En tout cas le concert a fini, la foule a éclaté et convergé massivement vers la scène principale. Je l'ai vue, frêle enfant, papillonner à contre-courant, le corps toujours aussi élancé en oblique vers les cieux et quelque amoureux sans doute. Puis je l'ai perdue de vue.

J'ai guetté dans la foule ensuite le fanion blanc barré d'une croix bleu ciel. Puis j'ai oublié et le compliment est venu rejoindre mille autres belles choses que j'ai pensées et n'ai pas osé dire à mille inconnues.

Il y a une femme quelque part à qui ce malheur ne peut survenir, qui entend toutes les belles choses qu'elle m'inspire. Cette femme a de la chance. Et moi, je ne suis pas trop malheureux, ma foi. La vie m'a pas l'air mal du tout.

vendredi, 19 juin 2009

Réceptacle

Le plus beau de l'âme, ce n'est pas la profondeur, après tout. Il me semble que c'est le bord de l'âme qui en est la plus belle part. Le bord, finement brodé, de certaines âmes. Ce dont on tombe amoureux presque.

jeudi, 18 juin 2009

Billet à la ramasse

Ramasse les

 

De ci de là

Je vais

Ramassant à mes pieds

Des bouts d'éternité

Du ciel ils sont tombés

Du ciel à mes pieds

Il faut les ramasser

Pourquoi? nul ne le sait

J'entends:

Ramasse les!

Puis il faudra les coudre

Penché sur l'atelier

Très humblement penché

Tous les coudre

Ces bouts d'éternité

Avec amour les coudre

Qu'enfin l'éternité

Soit dite entre les hommes

Et par la voix d'un homme

En ne parlant que des hommes

(Arcueil 17 juin 2009)

----------

Plus ou moins ainsi que je vois l'écriture, et j'espère bien que vous n'en avez rien à foutre. Ramasser les bouts de bois tombés des hauts peupliers, futur humus incréé. Les rassembler en petit bois, pour en faire un feu de cheminée, chauffer le coeur des hommes.

La référence à la couture est honteusement pillée à Solko, auteur d'un très beau billet sur l'art du cousu. Et comme dit mon père: "Tu l'as déjà dit."

Je le redis.

-----------

PS: Terminé Des souvenirs de Joseph Conrad, éditions Sillage. Et je pense, forcément à une petite 5ème. C'est un très beau texte vraiment. J'en copierai de larges extraits un jour que j'aurai tout à la fois à ma disposition une connection internet, le livre et mon lutrin. En attendant j'en recommande la lecture aux amoureux des lettres. Et des hommes.

mercredi, 17 juin 2009

La force et la douceur

(J'aurais tout dit...)

-----------

De l'homme et de la femme, j'aurais tout dit bientôt. Il me suffit, je crois, de les prendre au matin. Par surprise et, tout de même, ce n'est qu'une image. Au lit, avant le réveil... N'allez pas faire de bruit surtout!

J'aurais tout dit si je dis sa force. La force émanant de l'homme qui dort. Force puissamment sexuelle et sourde. Et de quelque beauté.

Après je dirais la douceur. La douceur de la femme endormie. Si, délicatement, je soulève le drap qui l'enveloppe. Alors ce sera le réveil et il y aura beaucoup à dire.

Sur l'homme, s'il se réveille avant. Sa tendresse, puis sa brutalité s'il s'éveille le premier. S'il la voit qui dort. Un désir brutal l'envahit sur tant de douce innocence. Ne le fait-elle pas exprès à la fin?

Et si c'est elle qui d'abord se réveille? Dira-t-on la douceur qu'éveille alors la vue de cette force assoupie? Le désir brutal que cette douceur effrayée appelle et réveille? Il faudra le dire.

Alors j'aurais tout dit. De l'homme et de la femme. De la force et de la douceur.

samedi, 13 juin 2009

Lectures

Fini lecture Du désespéré de Léon Bloy. Quelle prose, quelle vitalité! La fin du roman est terrible vraiment. Autrement sur le plan purement narratif ça a un côté naïf très Léon Bloy parfois (l'auteur reproduisant in extenso deux de ses articles paru au Pal, son journal pamphlétaire... ah ah...)

Bon je ne m'étends pas, de peur de me faire "sabouler la gueule" par les bloyens de la première heure... Ah ah...

Autrement je quitte également Béraud, Henri Béraud et sa jeunesse enfuie. Livre très poignant qui en quelques occurrences m'aura fait pleurer et en beaucoup d'autres fait sonner mon rire clair. Il ne s'agit pas de faire un classement ou des comparaisons mais d'une certaine façon La gerbe d'Or m'aura davantage remué (l'art du tombeau, dixit Solko, l'hommage au père, cela parle à mon âme comme un ami qui me connaitrait depuis très longtemps, connaitrait mes vertus et mes vices...).

Qu'as-tu fait de ta jeunesse? est plus foisonnant, c'est une sourde rumeur pleine de nostalgie qui vous retourne l'âme et vous laisse inconsolé: votre jeunesse est partie, il vous reste à devenir tout à fait un homme.

Pour finir d'être tout à fait juste j'ajoute que ma jeunesse commence à peine, paradoxalement, et je crains d'avoir lu me grand roman de Béraud à contretemps. De n'avoir pas été en mesure de recevoir la musique de ses pages. Néanmoins, il est certain que l'évocation des jeunes pas de la troupe de rêveurs lyonnais livre une galerie de portraits vraiment magnifique. Béraud jeune s'est cru peintre, il l'était, devait manier les mots tels de redoutables pinceaux.

Je remercie singulièrement Restif pour m'avoir conseillé Le Désespéré et Solko pour m'avoir fait connaitre Henri Béraud.

vendredi, 12 juin 2009

Supression d'un lien

Je ne le nommerai pas mais un "blogueur" disparait de ma liste "Subversifs?" (nom particulièrement con, au passage). Simplement parce que c'est en fait un très triste sire. Ici nous n'aimons pas cette sorte de gens. Il y a des saletés qu'aucune jeunesse n'excuse.

-----------

Note à tous ceux qui n'y entendront goutte:

Désolé, je n'aime pas supprimer un lien sans expliquer mes raisons. Sauf que là c'est du dégoutant crasseux et je n'ai aucune envie de vous imposer cela. Ni simplement d'y accorder de l'importance en rentrant dans le sordide des choses. Mes excuses, vous ne perdez rien.

------------

Note à l'intéressé s'il passe dans les parages:

Aucun embryon de discussion n'aura lieu ici. Il sera banni d'office. Si ça l'amuse un de mes mails apparait mais je ne suis pas bien sûr d'avoir du temps à perdre à lui répondre. J'en doute.

 

Mes photos

"Pourquoi tu ne mets pas plus souvent des photos sur ton blogue?"

J'avais l'impression d'entendre le petit prince me demander si je sais dessiner un mouton. Et comment, mais je veux que je sais! Dessiner un mouton. Tiens voilà ton mouton... C'est une ferrari que tu m'as dessiné... Oui le mouton est dans le coffre. Maintenant laisse-moi j'ai du travail...

Mais revenons à mes photos. Pourquoi n'en mets-je pas plus souvent? D'abord parce que c'est long, redimensionner, que ça fasse une taille acceptable, et avant il faut les trier dans le flot que je fais de peur d'avoir loupé etc...

Surtout je me disais qu'elles étaient sans intérêt. J'ai un ami qui prend des photos magnifiques, un vrai regard de photographe. Opaque comme je l'ai lu je ne sais où. Je ne sais pas faire. Pas avec un appareil photo.

Il y a pourtant un mérite que j'ignorais bêtement à mes photos. Et plus qu'un mérite, un charme puissant que je ne soupçonnais pas: d'être sans prétention. Au contraire de ma prose que j'aime un peu trop - mais qui sinon moi le ferait? Qui s'écoute un peu trop parler - mais dame il me faut un auditoire!

Je mettrai des photos plus souvent. J'espère qu'elles resteront sans prétention.

-----------

Sinon lisez "Le mystère des Saints innocents" de Péguy que l'on m'a offert et qui est magnifique. Et magnifiquement drôle. Et puis lisez "La grève des éléecteurs" d'Ocatve Mirbeau un minuscule opuscule - un grand cadeau - très drôle d'un auteur que je trouve génial. Il s'agit au départ de 2 articles qu'il écrivit au figaro. Je ne dirai rien de ce qu'est devenu l'art polémique en France depuis cette époque. Parce que je n'en sais rien.

jeudi, 11 juin 2009

Haut mérite de l'homme

Prendre et tenir c'est déjà pas mal. Mais le haut mérite de l'homme c'est de supporter. Quand même, on les supporte ces emmerdeuses. Voilà ce qui doit inspirer le respect. Moi je vous le dis, ça mérite bien un clafoutis aux concombres de temps en temps...

NB: Bon je sens que Pascal et M. Automne vont se dire qu'enfin je quitte le cotonneux mirage romantique. Ferait beau voir! Je n'y suis jamais entré. Ce serait bien la peine d'avoir été un vieux chinois si longtemps!

mercredi, 10 juin 2009

Tartufferie postale

J'observe - finement - que les timbres (par ailleurs assez moches) que La Poste fourbit pour nos voeux de nouvelle année se gardent bien de préciser l'année.

Ca tombe bien. D'abord on n'est plus tout à fait en janvier et je serais bien en peine de dire pour quelle nouvelle année j'avais acheté ce vieux carnet de timbres.  Il n'en restait qu'un et je me suis dit en Juin, pour un courrier adressé au Trésor Public c'ets vraiment parfait.

Je note que c'ets vexant d'ailleurs d'écrire "Trésor" sur une enveloppe, voire sur un chèque, sans éprouver le moindre microgramme d'amour ou de tendresse pour son destinataire. Encore la malice du ciel.

mardi, 09 juin 2009

Il y eut des hommes...

Serein arcueillais 2.jpg
Serein arcueillais 1.jpg

Serein arcueillais 3.jpg

(Ciel d'Arcueil, de ma cuisine. Au serein.)

"Bidule Télécom vous souhaite une bonne journée M. d'Ansimont."

Je croyais parler à une dame, à qui je disais madame, bonjour madame, au revoir madame, bonne journée madame. Je parlais à Bidule Télécom. On ne se moque pas de quelqu'un qui travaille. Jamais. J'imagine un grand père laconique m'apprendre cette leçon avec ou sans calotte, un jour que j'aurais eu fait l'idiot du haut des mes 14 ans pleins d'arrogance. Peut-être que je ne me souviens plus que de l'enseignement, que j'ai oublié la leçon.

En tout cas je n'ai pas moufté, j'ai dit "Bonne journée madame." et j'ai raccroché - il se dit même que je ne lui ai pas fait de gringue, ma légende en sort quelque peu ébréchée. Mais c'est à elle que j'ai souhaitée bonne journée, à elle et pas à la boîte d'exploiteurs et d'escrocs qui s'efforce de faire de cette femme et d ses collègues une armée de robot. En leur disant quel mots employer, presque ce qu'elles doivent penser. Si penser ne nuit pas à leur productivité.

Il y eut des hommes, avant que l'on en fit des robots. Il y eut une époque, que j'ai connue d'ailleurs, que nos enfants ne connaitront peut-être pas, où des hommes et des femmes bossant pour truc muche ou muche-truc nous souhaitaient bonne journée, simplement, un homme ou une femme parlant à un homme ou une femme. Lui souhaitant bonne journée. En son nom propre. Gratuitement comme dirait Péguy (lisez le, vraiment!)

C'était avant qu'une armée de pingouins ne déferlât sur la terre avec du marketing et du managering plein leur cervelle spongieuse. Avant qu'ils ne leur vînt l'idée géniale d'enregistrer les mots qui se disaient autrefois gratuitement. Au temps des hommes. Désormais c'est le temps des pingouins et des robots. Des têtes vides. Une tête vide va plus vite, paraît-il. On ne sait pas où elle va mais on s'en fout. Je vous dirais que personnellement je finis par m'en contrefoutre.

Désormais, les mots qu'on nous répond aun téléphone sont enregistrés, les conversations minutées, le tout disséqué et cela enfante d'ignobles tableaux de classement interne des employés selon la productivité.

Un jour il faudra rappeler à nos enfants qu'un autre monde que celui-là a existé, qui existe de moins en moins. Parce que des légions de pingouins se sont un jour réunies pour brain stormer et nous chier du marketing, du management, comme hooligan-pisse.

Moi qui écris j'ai des amis pingouins et des amis robots. J'ajoute que ce ne sont pas des connards ni des imbéciles. Sinon dans la proportion souhaitable pour être d'agréable compagnie aux hommes. Ce sont des hommes, ici bas dans cette putain d'époque où nous vivons.

"Soyez dans le monde, ne soyez pas le monde."

C'est exactement ça. Les pingouins et les robots - et moi parfois robot, plus rarement pingouin. Dans le monde, celui où nous vivons, celui dans lequel de force et trop souvent dans la douleur s'arrache le salut - trop souvent car aucun commandement n'exige de nous cette souffrance. Le monde où l'on s'efforce de gagner sa croute.  Pour nourrir sa famille présente ou à venir. La pourvoir en bouffe et en rêves. La bouffe coûte cher c'est vrai. Mais le pire c'est encore les rêves quelquefois...

Est-ce que les rêves coutent si cher, bon Dieu???

------------

Nota:

Les photos alors? Le lien? On m'avait dit d'en mettre, quelqu'un à qui je tiens. Alors je les ai mises. Et aussi je lui avais promis d'écrire un billet sans rapport avec les photos. Pour que le texte et les photos soient là chacun pour eux-mêmes (comme deux amants sont l'un pour l'autre, sans qu'il y ait besoin d'un rapport, d'une cohérence logique).

J'ai fait une promesse idiote cependant: tout a un rapport avec tout et je me rends compte qu'il apparait au sortir de ce billet tout à fait évident. On ne la fait pas aux vieux chinois de la blogosphère. On ne leur apprend pas à faire des grimaces. Oh non!

Bonne journée à tous. Et ce n'est pas de la part de VB mais de ma part.

lundi, 08 juin 2009

Prendre et tenir (très court extrait publiable)

Je te connais, femme. Le monde tient par tes caresses, et ma force le multiplie depuis la nuit des temps. Je suis l'homme. Le plus qu'enfant. Je vais par le monde, en armes, et j'éprouve ma puissance. Ma prudence, femme, est pour toi seule, qui est une part de moi. Je suis l'homme libre, l'orgueil de la terre, chéri de Prométhée, le voleur de feu. Fort à la face des hommes, mes frères, humble devant Dieu, mon père.

Je suis l'homme. Forgé pour prendre et tenir.

------------

Nota:

Au départ c'est un long chronique sur l'art de la tendre guerre... Impubliable. A part l'avant dernier paragraphe ici placardé sans vergogne. Comme le titre semble l'indiquer c'était - c'est - écrit dans la veine érotico-martiale. Mais ce n'est pas pour votre fichu nez, comme dit la chanson. Sauf si vous êtes celle qui...

dimanche, 07 juin 2009

"Est-ce que tu m'aimes?"

(La situation d'énonciation en s'amusant...)

---------------

Pour ceux qui n'ont pas l'heur d'être prof de français rappelons que la situation d'énonciation est grosso modo le contexte dans lequel un énoncé est baragouiné par son auteur. (définition approuvé par les IO) Là-dessus embrayons sur la question qui nous intéresse aujourd'hui...

"Est-ce que tu m'aimes?"

Charmante interrogation à première vue. Mais qui revêt deux sens très différents selon qui la prononce.

La femme la pose à l'homme aimée quand elle doute, l'homme quand il est très sûr de son fait. Elle exprime l'orgueil de l'homme - la vanité de l'imbécile aussi - ou la faiblesse de la femme.

C'est une question que la femme pose souvent, parce qu'elle doute beaucoup, et aussi parce que ça l'excite un peu, ce tremblement, cette inquiétude de voir comment cette fois on va balayer ses doutes. La femme éprouve notre force, si nous ne savons pas répondre il est temps pour elle de partir, de cesser de nous aimer.

Il y a donc un juste équilibre - je n'ai pas dit égalité. Certes le "Tu m'aimes?" de l'homme est de pure rhétorique, quand celui de la femme correspond à quelque profond élan vital.

Mais une femme qui demande si on l'aime, c'est une épée de Damoclès à doubles tranchants: pour qui pose la question, pour qui doit y répondre.

-----------

NB: Ma douce ne doit pas s'ennuyer hein avec un tel philosophe:

"Viens te coucher Tanguynou...

- Attends chérie, je suis en train de développer des subtilités d'enfer entre l'homme et la femme, la situation d'énonciation et les questions rhétoriques... Tu vas voir, c'est vraiment fendard!

- ...

- Chérie, viens lire ce que j'ai écrit, c'est vraiment MOR-TEL!!! Chérie?"