mardi, 20 novembre 2007
Toute puissance du "Ding, deng, dong!"
Note dédiée aux mamans, aux futures mamans, aux baby-sitters et un peu aussi à ceux qui aiment le silence dans les transports en commun (quand ils ne nous prennent pas en otages les salauds!)
NB: Sur le plan purement conceptuel ce billet rejoint les conclusions de l'inénarrable article que le génial Charly a consacré au bon usage du chameau...
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Une fois n'est pas coutume cette note devrait ravir les mamans, public étrangement négligé sur VB. C'est tout à fait accidentellement que je me suis pris à penser à vous pour être honnête. La présente notule intéressera plus particulièrement celles qui n'ont pas les moyens d'acquérir le best-stellaire de Françoise Dolto intitulé Quand l'enfant braille. Les étudiantes baby sitters tireront également grand profit de la pépite narrée plus bas, si par ailleurs elles sont célibataires ma foi qu'elles le restent car c'est une qualité rare de nos jours et qui pourtant contribue grandement au sex appeal des intéressées. On ne le dira jamais assez, c'est un fait trop souvent ignoré dans la maison, hélas. Mais je m'égare revenons en à nos bébés (c'est une image voyons, oubliez ce possessif imprudent!).
Il n'est pas rare qu'un bébé tente laborieusement d'attirer notre attention sur quelque drame intérieur et inintelligible au commun en hurlant de façon excessive et désagréable. C'est un des inconvénients majeurs de ces petites boules roses avec leur manie proprement irritante de ne pas changer eux-mêmes les couches dont on les emmitoufle à souhait. Peu au fait des pratiques sociales en usage et des règles de courtoisie sommaires qui font tout le charme de notre société policée les bébés ont par ailleurs la fâcheuse tendance de hurler dans des lieux publics souvent confinés.
La mère (ou la baby sitter) se retrouve alors confortablement dardée de cent regards suppliants, puis féroces ou abattus et par ailleurs il n'est pas inutile de rappeler que sur le plan sonore elle se trouve aux toutes premières loges. L'affaire est grave.
Grave certes mais pas insoluble. Un humaniste aujourd'hui oublié de tous, le génial Albert Ceuz a en effet inventé il y a bien longtemps l'irremplaçable berceuse. Disons le tout de suite ces chansons ne brillent pas vraiment par la richesse interprétative et évocatrice de leurs paroles. Qu'importe, si ces comptines remplissent leur office en calmant le miard nous fermerons les yeux sur la qualité littéraire modeste du texte et nous recueillerons béatement dans le silence recouvré. Encore faut-il que cela marche...
Dans un souci de clarté et d'efficacité nous nous concentrerons aujourd'hui sur la comptine "Frère Jacques". L'histoire se passait il y a bien longtemps, j'étais encore plein de promesses puisque j'avais encore le droit à l'incontinence la plus crasse et cependant impunie. En un mot comme en cent, j'étais bébé. Nous en déduisons que je tiens cette anecdote d'une tierce personne et certes il était temps d'en parler puisque le fil du récit nous y amène...
Ma mère donc m'avait très habilement confié à une amie et je braillais avec entrain. Sans doute pour protester contre la cruauté du monde qui déjà ne m'échappait pas. Ou alors parce que j'aurais voulu les couches Pampers 3 lames (euh couches pardon) de la pub mais ces saletés (enfin futures saletés) coûtaient horriblement cher. Peu importe au fond mais l'air environnant était saturé d'ondes sonores peu amènes qui martelaient impitoyablement les tympans de ma nounou improvisée.
Mue par un instinct de survie hérité des âges farouches (dont le fils, Rahan nous aura bien fait marrer avec son coutelas!) ma gardienne entreprit donc d'adoucir mon humeur en entonnant la délicate comptine sus nommée: "Frère Jacques".
Avant de poursuivre rappelons les saintes paroles de la dite chanson:
Frère Jacques !
Frère Jacques !
Dormez-vous ?
Dormez-vous ?
Sonnez les matines,
Sonnez les matines !
Ding, deng, dong !
Ding, deng, dong !
Telles sont les paroles pleines d'esprit quoiqu'un peu répétitives que ma nounou se mit à chanter. On le conçoit, seul un impératif supérieur peut pousser un adulte normalement constitué à chanter cela. Elle le fit, donc mais rapidemment elle comprit que l'essentiel de ce texte n'avait pas échappé à mon jeune esprit déjà friand d'analyse littéraire, si bien qu'elle se retrouva à chanter en boucle le génial "Ding! Deng! Dong!" final qui seul parvenait à m'apaiser...
Ainsi lorsque vous serez confrontés aux pleurs sévèrement décibelés de quelque mioche, n'hésitez surtout pas à tailler dans le vif en vous contentant de chanter doucement: "Ding! Deng! Dong! Ding! Deng! Dong! etc..." Aussi longtemps que cette tâche ingrate vous paraitra plus supportable que les hurlements du braillard. Bon courage!
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PS: les bébés quelquefois ont aussi des papas qui n'ont pas réussi à se faire la malle avant que le tiroir ne se charge. Je ne l'ignore pas mais n'ayant aucune sympathie pour cette sorte de gens je les ai volontairement laissés à l'écart. Mais non, je ne veux tout simplement pas accabler ces malheureux en les forçant à lire ce long pensum. Ils ont je crois des couches à changer et n'ont pas de temps à perdre en lisant mes salades.
17:05 Publié dans L'huile sur la barbe d'Aaron | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : maman, bébé, frère Jacques, berceuse, hurlement, Ding! Deng! Dong!







Commentaires
bonjour,
cela dit, la chanson pendant trois heures que dure le voyage en TGV Paris-Aix en provence, ça peut aussi énerver vos voisins...
Ecrit par : camille | mardi, 20 novembre 2007
"Les bébés quelquefois ont aussi des papas" et seule une mère est unique...
Ecrit par : Anange | mercredi, 21 novembre 2007
Anange, avec un telle idéologie: pas étonnant de trouver des mères avec une foule de marmots accrochés à leurs talons mais tous d'un père différents! Mais ne sont-ils pas chanceux ces enfants puisqu'ils ont une mère UNIQUE!!! Pauvre société que nous sommes en train de construire...
Ecrit par : anonyme | mercredi, 21 novembre 2007
Effectivement, je ne suis pas étonnée de me retrouvée mère avec une foule de marmots (quatre enfants) accrochés à mes talons mais issus de pères différents. Chacun de mes enfants a donc une mère et un père uniques à ses yeux. Je ne vois pas le rapport avec la société actuelle et à venir...
Au passage, il ne s'agit en rien de la diffusion d'une idéologie de ma part, mais bien plutôt d'une invitation adressée à Tang eu égard au billet "en miroir" que j'ai écrit à la suite de la lecture de cet article sur les vertus de la berceuse.
Ecrit par : Anange | mercredi, 21 novembre 2007
Content d'apprendre qu'ils ont un père ces petits là! Ce n'est pas ce qu'on aurait pu comprendre! Mais n'y a-t-il aucun doute dans votre esprit le :"une mère unique et un père uniqueS" semble démontrer le contraire!
Ecrit par : anonyme | mercredi, 21 novembre 2007
Bonjour Anonyme,
Pour une fois que ca fight chez moi... Je vous connais peut être pour que vous teniez tant à votre anonymat, si c'est le cas salut...
Ecrit par : Tang | vendredi, 23 novembre 2007
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