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mercredi, 12 décembre 2007
Les pâtissiers nous veulent du bien (hélas!)
(Encore une théorie fumeuse!)
Avez-vous remarqué que dès lors que vous prenez vos habitudes dans une pâtisserie la recette que vous plébiscitez ne dure jamais très longtemps? C'est un phénomène troublant (au moins autant que les chaussettes dont on parlera bientôt par ici, ne serait-ce que pour obéir aux statistiques de requêtes de chez H&F!!)
J'avais pris l'habitude de dévaliser chaque matin la boulangerie attenante à mon bahut car je raffolais de leurs petits macarons bien au dela du raisonnable... Les esprits taquins ajouteront que je raffolais peut-être un peu de certaine jeune boulangère, ce n'est pas non plus à exclure mais je suis souvent sorti de la boulangerie avec des macarons et jamais avec la jeune femme. Peu importe que j'en eusse fait ou non mon 4 heure, ce qui est certain c'est que ces macarons notamment à la pistache faisaient le plus souvent et mon petit déjeuner et mon goûter en attendant de faire mes poignées d'amour et ainsi mettre en valeur ma légendaire tablette d'abdos. (eh, bien sûr je fais ma pub, si je ne le fais pas moi-même qui donc le fera je vous le demande!).
Or donc il y a quelques jours j'entre dans la fameuse boulangerie en question pour en ressortir avec ma cargaison de macarons... En général je les ai savourés bien avant de les croquer ces maudits! Ce jour là néanmoins mon être sensible avait savouré à crédit, l'avatar de chair et de sens en fut pour son comptant.
Je crois bien avoir invoqué le démon: le pâtissier avait changé la recette, la sainte relique était pervertie, la savoureuse crème fondante qui unissait tendrement les deux palets du macaron avait laissé place à une malheureuse gelée acidulée. Horreur!
Ma réaction première fut donc ainsi que je l'ai dit assez primaire, toutes les sombres divinités du panthéon lovecraftien sans doute furent convoquées: f'tagn Cthulhu etc... Mais les esprits supérieurs savent s'abstraire à d'aussi mesquines pensées d'un coup d'influx nerveux, c'est à ça qu'on les reconnait d'ailleurs.
Avec la rapidité de l'éclair (pas pu m'empêcher, un reste de mauvaise SF), aussi vite donc, le sens caché de cette dure épreuve se fit jour en mon esprit laborieux. "Un problème? Une théorie!" telle est ma devise... Ce problème ardu a cependant mis mon imagination à rude épreuve, mais à cœur impossible, rien de vaillant et je pense bien avoir définitivement élucidé le problème épineux des pâtisseries préférées qui disparaissent un beau matin sans crier gare au profit d'une pâle réplique cent fois plus douloureuse que ne le serait une absence pure et simple...
"Les pâtissiers en effet sont avant tout des humanistes. Ces gens là pétrissent la pâte de notre pain quotidien chaque matin bien avant l'aube. N'est ce pas là la preuve la plus irréfutable de leur foi passionnée en l'homme? Pétrir, un corps, de la pâte ou des phrases, cela ne se fait pas sans amour. Mon pâtissier, donc comme ses semblables m'aime ontologiquement, j'ai cru pouvoir l'ignorer...
Par ailleurs le pâtissier, à force de pétrir la pâte avec amour, sait ce qui est bon, bon pour la pâte bien sûr mais aussi pour son semblable, son frère qui ne pâtisse pas car nul n'est tenu de pâtisser (et d'autant plus que le verbe n'existe pas d'ailleurs): l'homme après tout n'est jamais qu'une étrange pâtisserie de glaise nous dit la Bible.
Le pâtissier donc n'ignore rien de ce qui nous est nécessaire, ni rien de ce qui nous menace. Le géniteur de mes macarons* donc savait que je raffolais dangereusement de ces friandises. Dangereusement, c'est le mot. Et certes un pâtissier sérieux (mais ils le sont tous...) sait parfaitement que rien n'est plus mauvais que les vieilles habitudes, que le confort à peine mesurable qui n'en finit pas de nous modeler le masque soigneusement moulé de la lâcheté quotidienne.
Mon pâtissier aux macarons sait tout cela, comme celui des cochons à la pâte d'amande au Maroc, comme tous les pâtissiers chez qui l'on se contente sans arrêt des mêmes irréfutables gâteaux. Il le sait, et il finit par changer imperceptiblement la recette, pour que l'on passe à autre chose, avant qu'il ne soit trop tard. Merci à toi anonyme pâtissier de mon cœur!"
Vous n'êtes certes pas obligé de croire ce joli conte étiologique**. L'important c'est qu'il ait séduit la jeune et charmante boulangère à qui j'exposais gravement ma fort savante théorie. Dommage que mon histoire lui ait fait penser au film d'animation Ratatouille, ou disons, dommage que je ne l'aie pas vu cet animé: j'ai perdu une occasion de briller en société. La prochaine fois que j'expose une théorie fumeuse (si du moins ce n'est pas totalement interdit en public) je m'arrangerai pour calculer une historiette permettant d'enchainer sur un film que j'ai vu. La drague est une activité exigeante, elle laisse peu de place à l'à peu près, c'est tout le drame de mon dilettantisme.
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Notes:* Hum les macarons de mon géniteur c'est tout autre chose, ne faites pas de mauvais esprit!
** En même temps si vous faites partie des 53% qui ont cru aux promesses de je ne sais quel nabot vous n'êtes vraiment plus à çà près!
14:00 Publié dans Café du e-commerce | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : théorie, conte étiologique, pâtisier, pâtisserie, macaron, boulangère, drague





Commentaires
Votre boulangère me rappelle mon glacier... quand j'avais quinze ans (long soupir marquant à la fois le regret de ne pas avoir pu être plus intime avec ce si gentil garçon et celui de ne plus avoir l'âge bête excusant ma timidité maladive en matière de séduction) !
Il ne vous reste plus qu'à les faire vous même ces macarons ? (je dois avoir dans un coin de bazar windowsesque, une adresse cybernétique des plus provoquantes concernant la réalisation de macarons...)
Ecrit par : Anange | mercredi, 12 décembre 2007
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