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vendredi, 21 décembre 2007

Mot creux: ressentiment (et nullité politique)

"Il est des mots si foncièrement pratiques qu'on se demande s'ils pourraient même sous la plume d'un virtuose de la langue et du style s'envelopper de la plus modeste flammèche...

Prenez le mot "ressentiment"... Il est si fort pratique qu'on ne peut lui trouver d'usage que politique. Il excelle dans ce domaine étriqué. Au fond le mot "ressentiment" est l'allégorie de la politique, quel mot dit mieux la nullité totale de cet ordre des choses et de la pensée?

Les gens de droite comme ceux de gauche pourront indistinctement l'employer pour accuser leurs adversaires de la plus veule malhonnêteté intellectuelle, toute leur argumentation s'en trouvera aussitôt marquée du sceau de la nullité. Le plus surprenant est encore que cette neutralité intrinsèque se marie avec un égal succés à la prose d'extrême droite ou son avatar d'extrême gauche.

Cet obscur "ressentiment" au fond réconcilie les adversaires politiques que ce soit dans leur médiocrité partagée ou leur génie propre. S'il faut donc lui reconnaitre une qualité justifiant par exemple ce billet ce serait de transcender les colorations politisées et les schèmes convenus des tribuns de tout bord. Si bien que ce mot est la preuve que l'intelligence, tout comme la bêtise n'est ni de gauche ni de droite. Il fallait que cela fut dit. Evitez autant que possible l'usage de ce terme au même titre que celui du mot "jubilatoire" pour une critique. Ces ersatz sémantiques n'apporteront jamais rien à quelque tirade que ce soit, de haut vol votre prose s'en trouverait aussitôt défigurée."

 

in Petit manuel de rhétorique à l'usage des tribuns, Noam Tangsky (2007, Editions Apolitis)

Commentaires

Certes certes, néanmoins et cependant, ne pas négliger l'usage fort intéressant qu'en fait Nietzsche.

Ecrit par : Manu | vendredi, 21 décembre 2007

Bonjour Manu,
Damned, votre commentaire met à jour une de mes nombreuses lacunes qui s'expose ici outrageusement!!!

Si je puis me permettre vous avez un peu manqué de tact à ce propos! vous eussiez pu écorcher discrètement le patronyme du philosophe pour me laisser sauver la face par une pirouette! ;)

A ma décharge on se souviendra que Nietzsche n'avait sans doute pas anticipé l'usage abusif de ce terme par nos contemporains d'une part et que ces derniers d'autre part n'ont que rarement fréquenté le dit philosophe et emploient ce terme avec autant d'ignorance que mézigue, mais moins de sincérité...

Quand même la pirouette toute pleine de mauvaise foi eut été plus légère que ce pensum... cela m'apprendra à penser plus haut que mon cerveau, à utiliser le cerveau du haut en somme au lieu que de gloser jusqu'à plus soif et donc jusqu'à ma mort sur les femmes et leurs mystères...

Autrement je viens d'acheter "les fruits du congo" de Vialatte, que je commence et qui me semblent savoureux... J'ai aussi pris les deux tomes des chroniques en bouquin mais pas pour moi...

A bientôt Manu, excellentes fêtes et meilleurs voeux!
Tanguy

Ecrit par : Tang | vendredi, 21 décembre 2007

Nietzsche, ce philosophe insouciant qui a un rapport "jubilatoire" au savoir, sans arrière-pensée et sans désir de pouvoir?
Et sur ce, bonnes fêtes... Enfin les vacances, certainement imméritées!

Ecrit par : autre | vendredi, 21 décembre 2007

Comment faites-vous pour lire de pareils cuistres ? (Si j'en juge par ce court extrait.)

Ecrit par : Didier Goux | vendredi, 21 décembre 2007

Comment fais-je? Je dois bien me relire Didier! ;) J'ose esperer que vous n'avez pas pris cette fausse citation évidement fictive au 1er degrés... Même si par ailleurs je mpe doute que vous n'êtes pas excessivement intéressé par les écrits de Noam Chomsky (moi non plus au vrai! ;)

@Autre: coucou! bonnes vacances et bonnes fêtes!

Ecrit par : Tang | samedi, 22 décembre 2007

Ah ! si, je suis tombé dans le panneau ! (Je suis très bon client, pour ce genre de piège...) Je m'étais bien dit que le nom ressemblait à celui de Chomsky, mais ma réflexion n'est pas allée plus loin. Misère de moi !

Ecrit par : Didier Goux | samedi, 22 décembre 2007

Vous avez vu que vous vous faites allumer chez Jean-Pat' ? Bienvenu au club...

Ecrit par : Didier Goux | samedi, 22 décembre 2007

Désolé d'avoir contribué, même involontairement, à l'exposition d'une de vos lacunes. Je ne donnerai comme excuse que ceci, selon quoi exposer les lacunes des autres ne sert le plus souvent qu'à masquer ses propres manques, probablement bien plus étendus. Et j'en profite pour vous souhaiter aussi de très bonnes fêtes et vous adresser mes meilleurs voeux, et surtout de stimulantes et belles lectures pour 2008 (dans le genre stimulant, Nietzsche craint fort peu la concurrence, d'ailleurs).

Ecrit par : Manu | dimanche, 23 décembre 2007

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