« Sang sur... | Page d'accueil | Elevons-nous un peu... »
jeudi, 24 janvier 2008
Dissection de la dissection du cadavre de la littérature
(Comme ça en passant, stalker de rien...)
-----------------------
Juan Asensio, et c'est tout à son honneur, m'a proposé un accord dont les termes s'avèrent des plus honnêtes et que j'ai par conséquent servilement accepté. J'expliciterai un peu les tenants et aboutissants de l'affaire dans une note dédiée pour ne pas encombrer ce billet déjà luxuriant mais pas forcément de belle ampleur. ;)
-----------------------
"Il faut que la critique attaque la forme, jamais le fond de vos idées, de vos phrases. Arrangez-vous." (Lautréamont, Poésies I.)
Suite à un billet polémique sur le réactionnariat où je m'étais permis d'égratigner la vanité du sieur Juan Asensio, je suis sommé par un certain Bisbille - qui n'est autre que son idole - de livrer dans cet auguste bac-à-sable une "critique intelligente, de belle ampleur" du Stalker dont j'ai dit si grand mal. Soit.
Le propos est de montrer de façon "argumentée" et agrémentée de citations d'ailleurs, que Juan Asensio écrit dans un style pédant, pseudo-hérmétique et nettement infatué (un peu comme moi donc, mais en pire et sans en avoir conscience apparemment). Au fond peu nous importe le propos du STALKER, c'est bien son style seul qui nous intéressera ici, son style et ce qu'il révèle de l'homme qui se terre derrière ces improbables hyperboles.
L'analyse sommaire de ce style très imitable (voir les pastiches du consanguin) montrera que Juan Asensio est malgré tout un poseur, un critique à la rigueur parfois douteuse. En un mot, un sombre drôle par ailleurs tragiquement dénué d'humour, trait de caractère qui eût pu le sauver, mais à défaut, on pourra compter sur le Christ puisque par charité très chrétienne je me suis chargé de confesser le pécheur de ses fautes.
I. Hyperboles et métaphores en soldes (apparemment):
Dans un de ses inimitables billets où le modeste Juan Asensio met en scène le génialissime Asensio Juan, notre "médecin légiste" en perpétuelle dissection explique avec force statistiques (humbles « précisions techniques » il va de soi) sa démarche, la fonction de son blogue. La tâche dévolue au Stalker serait selon les mots de l'auteur la suivante:
"Quel moyen utiliser pour détruire ? La violence, l’exagération, l’hyperbole, fins mets qui toujours ont eu l’étonnante propriété de faire s’étouffer les crétins."
Notez je vous prie que Monsieur Asensio ne cause pas: il détruit. C'est grandiose. Tout ce que dit Juan Asensio est grandiose de toute façon. Mais attention, notre homme a choisi son public: il s'adresse d'abord aux "crétins", qu'il indignera de sa belle plume excessive. Ah! Quelle ambition! La modestie, digne Asensio, vous tuera!
Qu'importe au fond si l'exagération fait surtout étouffer le texte, terrasse le lecteur dans un affreux gargouillis d'indigestion! Asensio n'a que faire de son texte, simple prolongement de sa géniale personne, ce qui l'intéresse c'est lui-même et bien sûr le crétin qui pourrait le lire. Que serait Asensio sans les crétins d'ailleurs? Il a besoin d'eux car il ne se définit que par rapport à eux.
Hélas pour qu'un crétin s'indigne des propos tenus par tel ou tel il faut déjà que ce dernier puisse être pris au sérieux. Et bizarrement je n'y parviens pas en lisant Asensio. Ses métaphores et hyperboles, dont il tire apparemment grande gloire, sont parfois ridicules (ah ces fauves christiques [sic!] laissés en liberté dans la Zone... Rrrroarrrr!), mais même lorsqu'il ne s'agit pas de vulgaires clichés, elles sont inévitablement gratuites, et cette gratuité consacre leur nullité.
"Dominique [Autié], cette parole, je l'ai dit, est plus rare qu'une source d'eau pure; peut-être, à vrai dire, l'une et l'autre s'alimentent-elles à la même nappe souterraine et profonde, que nul, pas même s'il était le sourcier le plus doué, ne peut déceler depuis la surface."
Ah ça, la rareté d'une source d'eau pure, ce n'est pas de "l'universel reportage" mallarméen ça mon gros! Pour un peu Asensio nous sortait l'exotique oasis dans le désert, histoire de prouver en plus qu'il n'est pas raciste pour deux sous. Bien sûr le cliché est filé en métaphore, selon une technique toute asensienne (l’anacliché): cette source de parole pure est certes rare comme une source d'eau non moins pure, mais c'est sans doute parce que "l'une et l'autre s'alimentent à la même nappe souterraine et profonde". Dieu, sors de ta nappe phréatique, Juan t'a reconnu (sans baguette de sourcier)... Ah cet hermétisme de pacotille, encore, encore Juanito!
Autres maux, mêmes symptômes dans une note sur la presse et le slam pardon l'islam:
"L'affaire était donc vite conclue même si, bien rarement, de belles voix dénonçant courageusement l'odieux chantage forçaient les dos de quelques fidèles précautionneusement prosternés devant l'Idole à se redresser et obligeaient même le veau d'or à se regarder dans une glace à sa toute petite mesure. Qu'y voyait-il, dans ce reflet, l'espace d'une trop courte seconde ? Certes pas un animal sauvage, noble, libre. La Presse est une hyène et, adoptant avec un mimétisme assez remarquable les coutumes de cette espèce charognarde, impudique et veule, sait parfaitement qu'il serait mortel, pour elle, d'attaquer un tigre autrement que mourant, crevant de ne plus pouvoir bondir dans l'immensité, de zébrer l'espace de sa signature divine. La Presse a grossi dans le cadavre deux fois crevé de la France et de l'Église. La Presse, pour naître et grandir indéfiniment, a dû se nourrir de la carne putrescente de ces deux charognes."
Toujours pas l'ombre d'un cliché dans cet extrait chacun en conviendra: les journalistes en charognards, c'est digne d'une chansonnette de Renaud (Séchan pas Camus!). Sait-il seulement notre génie basque que la hyène est un animal sauvage au même titre que le tigre ? Qu’elle n'est pas seulement un charognard? Sait-il que les prédateurs comme le lion ne dédaignent pas toujours les charognes ou du moins n'hésitent pas une seconde à s'attaquer de préférence à un animal affaibli? En tout cas un obscur pressentiment lui a suggéré de proposer un tigre d'Asie mourant à nos hyènes africaines. Ne rions pas. Et puis la liberté des fauves, quelle blague! C'est du niveau de l'oiseau comme symbole de liberté sous prétexte qu'il vole. En gros qu'il se conforme à son instinct, peu importe qu'il lui manque la conscience sans laquelle la liberté n'a aucune signification. Bref le genre de bêtises qu'on nous faisait démonter en philo en terminale, j'en ai des souvenirs très précis.
Plus loin au chapitre des bêtises zoologiques encore: "Alors, réjouie, la hyène peut reprendre sans le plus petit scrupule sa patiente dévoration, et se contenter de sucer l'os plutôt que de vouloir le broyer." La hyène est précisément dotée de mâchoires terriblement puissantes qui lui permettent de broyer sans peine les os des charognes qu'elle dépèce. C'est quand même pas de bol, hein, de se lancer, à l’insu de son plein gré, dans l'universel reportage animalier et de faire de l’universel contre-reportage animalier, pour pasticher le titre de l'essai littéraire d'Asensio.
Mais oublions la zoologie et la philosophie (de comptoir certes) et revenons à la littérature: Asensio évoque "un tigre [...] mourant, crevant de ne plus pouvoir bondir dans l'immensité, de zébrer l'espace de sa signature divine". Tu parles d'un zèbre! Non mais franchement, cet espace zébré ça vous indigne? Ricaner, ce qui est bien mesquin certes, mais que faire d'autre? Ah bien sûr, relever le contresens engendré par une construction syntaxique visiblement au dessus des moyens de l'auteur: Asensio voulait écrire que le fauve meurt précisément de ne plus pouvoir zébrer l'espace de sa signature divine, soit l'exact opposé de ce qu'écrit réellement et bien sottement notre légiste.
On pourrait ainsi multiplier les exemples, les notes d'Asensio regorgent de ces métaphores et hyperboles qui ne sont jamais que des clichés journalistiques in extremis relevés d'une pointe vaguement biblique. Si ça ne trompe pas un pauvre petit prof de Lettres (mais pas vacataire, digne Juan Bisbille!) qui cela peut-il donc mystifier? Je ne sais, peut-être ceux qui, à tort ou à raison, pensent trouver un porte-parole à leur propre idéologie chez le Stalker?
Je n'en suis pas, mais je regrette de décevoir notre imprécateur, les excès de sa prose illuminée ne m'indignent pas, seule sa vanité menace de m'engloutir (non de m'absoudre de la mienne hélas). Asensio n'a pas compris que ses excès prêtaient surtout à rire, que seuls les crétins s'en indigneront en effet. Il lui plait de croire que ses idées ou son style polémique le rendent infréquentable, alors qu'il n'est au mieux qu'insupportable. Qui hors les imbéciles se refuse à fréquenter Céline jusques dans les allées convenues de l'institution scolaire et universitaire?
Cette fiction d'infréquentabilité minutieusement entretenue est un autre invariant du Stalker. La position est des plus commodes : à l’œil myope rien ne ressemble plus à un écrivain maudit qu’un raté comme en croquait Daudet (Alphonse pas Léon) dans Jack.
II. Infréquentable un jour, infréquentable toujours:
Le grand plaisir de messire Asensio c'est de se mettre en scène, et notamment dans le rôle délicieusement romantique du proscrit. Ah le malheureux mis au ban de la modernité. Et du reste, ce qui l'intéresse chez un auteur c'est son degré d'infréquentabilité, car dès lors nul ne l'ignore: pour le talent l'intendance suivra (et voyez Asensio!).
Ainsi lorsque Juan Asensio dit tout le bien qu'il pense d'une critique certes partiale mais intelligente et de belle ampleur qui précisément dit tout le bien qu'elle pense de La littérature à contre-nuit d'un quelconque Asensio J., notre Stalker prend-il la peine de nous donner cette précision non sans le ridicule de la prétérition:
"Il est sans doute inutile que je précise que de pareils travaux, quelles que soient les critiques que je pourrais formuler à leur encontre (et le texte de Partiot, bien évidemment, n'en est point exempt), trouvent de nos jours de plus en plus difficilement leur place naturelle dans des revues littéraires..."
Résumons car il y a du "fuligineux" (Asensio goûte fort l'adjectif, depuis peu apparemment) autour de cette sombre affaire. Asensio écrit un essai au titre tout de même un rien ridicule (mais le contenu est peut-être très intéressant voire brillant là n'est pas la question). Et donc cet essai récolte une excellente critique, qui n'est pas exempte de reproches selon Asensio, dans Polaire qui me semble être une revue littéraire. Et cependant Asensio ne manque pas de nous rappeler que de tels travaux sentent fort le soufre et ne trouvent pas leur place dans les revues littéraires. Pour faire simple notre critique maudit nous signale au débotté que les maudits qui parlent de maudits sont condamnés au mépris. Et on nous le prouve: les critiques qui disent du bien des travaux d'Asensio sont rarissimes. On voit bien que notre pauvre homme est pestiféré, puisque ses laudateurs sont voués au silence. J'en pleurerais! Parce que voyez-vous si nul ne parle de l'essai d'Asensio ce ne peut-être qu'en raison de son statut d'infréquentable, et Asensio l'a bien compris. Et surtout il tient à ce que nous le comprenions bien.
Cependant, vous vous en doutez, nul ne saura quels reproches Asensio ferait volontiers au panégyrique de Partiot. Eh, diable, on sait déjà qu'il a des reproches à faire n'est-ce point assez pour les blattes que nous sommes? Quand je me suis permis de relever dans l’article en question une métaphore ridicule (« le soleil noir de la croix » dans le genre métaphore gratuite, sans doute inspirée à Partiot par le style stalkerien), plus une coquille pas franchement synonyme de rigueur ("ce don vaut fonctionne") j’ai aussitôt eu droit aux récriminations indignées non pas d’un crétin mais d’un certain Bisbille qui n’est autre que le dénommé Juan Asensio qui laissait doucement entendre qu’il avait bien quelques critiques à formuler au partial Partiot ! Ah il me plait de penser que ces reproches puissent éventuellement rejoindre les miens, qui sait, les développer de façon ample et moins fuligineuse que je n’ai maladroitement tenté de le faire en cet auguste « bac à sable »…
Notre homme, notre critique du moins est donc infréquentable, d’ailleurs il ne se consacre qu’à des écrivains infréquentables, c’est apparemment son critère de sélection. Soit, je n’en connais peu mais je m’étonne d’une chose, Asensio qui pourtant se targue d’être un esprit corrosif n’a jamais la moindre critique à formuler contre sa ménagerie christique (désolé mais c’est tout ce que le ridicule de son image m’inspire, si vous voulez vous en plaindre c’est à lui qu’il faut vous adresser), étonnant tout de même qu’un esprit aussi puissant que celui d’Asensio soit incapable de trouver à redire dans l’œuvre qu’il connaît si bien de ces auteurs… Etonnant, ou pas. Après tout chez les cacographes et tartuffes, nains et mégères qu’il exécute régulièrement de son style empesé dont la seule légèreté est d’ordre scatologique, notre divin critique n’a jamais non plus trouvé une page valable. Il ignore peut-être que de maigres efforts en ce sens le rendraient moins suspect de partialité ? Etrangement je suis moins soupçonneux envers les critiques d’Ygor Yanka un chouia plus nuancées en dépit de ses opinions non moins droitières que celles de son collègue blogueur. J’écoute plus attentivement un obscur Restif signalant la puissance mais aussi les faiblesses de Bloy qu’un dévot absolutiste comme Asensio. Mais je suis soupçonneux sans doute.
Reste qu’il y a une inconséquence à mettre ainsi en avant l’infréquentabilité des auteurs :
« PS : je confirme ce qui a été dit. Fréquentant nombre de personnes classées, pour le dire vite, à droite (mon Dieu, cette remarque va m'attirer un milliard au moins de crachats virtuels), l'œuvre de Renaud Camus n'est quasiment lue que par ces dernières... Vous n'avez d'ailleurs qu'à vous procurer les chiffres de ventes de Renaud Camus, ce qui n'est tout de même pas bien difficile...! Cette remarque n'est absolument pas dédaigneuse, je sais ce qu'il en coûte de sacrifices de tenter de vivre de sa plume. Renaud Camus y parvient, pas moi : je lui tire donc mon chapeau. Infréquentable, Renaud Camus l'est, que vous le vouliez ou non (je m'en afflige personnellement mais, une fois posé le constat, il faut bien trouver quelques explications, non ?), pour l'immense majorité du public lettré... Quant à l'illettré, je ne vous en dis rien, vous auriez une probable attaque cardiaque...»
Admirez je vous prie la victimisation de ce pauvre J.A. menacé d’un milliard de crachats heureusement virtuels pour avoir le mauvais goût de fréquenter des personnes que l’on dira vite « à droite » (la France est dirigée comme chacun le sait par le Parti Socialiste !). Eh bien pourquoi ne pas dire clairement « extrême droite » Juanito ? Peur d’un milliard supplémentaire de crachats virtuels ?
Or donc ce qui semble important à Juan Asensio c’est que Renaud Camus soit infréquentable. Il a par conséquent sa place dans le panthéon d’infréquentables édifié par Asensio. Pour cette seule raison ? Non pas parce que son œuvre serait de qualité ? (on s’en fout merde !) Et incidemment il va de soi que l’on est tenu de porter Dantec aux nues parce qu’il est infréquentable, je suppose ? Je trouvais que chez les amis d’Asensio notre cyber-imprécateur de noir vêtu parait au contraire très fréquentable, et que le drôle n’est pas vraiment pestiféré sur les plateaux TV et radiophoniques ! A moins qu’en réalité Asensio ne nous suggère que si lui-même ne peut vivre de sa plume laborieuse c’est avant tout parce qu’il est infréquentable. CQFD.
Que voulez-vous, les voies du Seigneur sont infréquentables…
III. De pleines louches de Christ pour cacher le néant, un zeste de Démon pour s'épaissir?
Juan Asensio est croyant, fort bien. Cela arrive aux meilleurs après tout, cela a failli m'arriver (hélas la révélation fut de courte durée...). Mais ce qu'il y a de surprenant c'est que la foi de JA est toujours au service de son ego. C'est assez déroutant à vrai dire, l'expérience du divin la plus puissante que j'ai jamais ressentie fut une expérience de l'humilité, la négation la plus totale de ma lamentable vanité.
Rien de tout cela sur le Stalker, chez lui tout n’est qu’excommunication et imprécations de prophète. Stalker a la vérité, Stalker sait, vous n’êtes que des idiots. Amen. J’avoue peiner à comprendre en quoi cet homme pourrait avoir besoin de Dieu…
Au fond Stalker n’est pas vaniteux pour deux sous :
« Revenons à nos moutons, qu'il s'agit d'ailleurs de comptabiliser.
En novembre 2004, soit quelques mois après la création de Stalker, je comptais 5 146 visiteurs uniques pour 7 038 visites et 16 512 pages vues (statistiques fournies par Hautetfort qui, depuis cette époque, sont devenues beaucoup plus fiables, comme me l'avait récemment confirmé Philippe Pinault).
Durant le mois d'avril 2007, ces mêmes mouchards informatiques ont compté 36 307 visiteurs uniques, 47 611 visites et enfin 126 372 pages vues. Toujours durant ce même mois d'avril, 4 212 pages par jour, en moyenne, ont été vues, avec un maximum culminant à près de 6 000 pages. Le nombre de visites par jour s'est quant à lui élevé, en moyenne, à 1 587 avec un maximum de 1 867 visites.
De peur de m'attirer les foudres des plus hardis imprécateurs, je m'abstiendrai de tout commentaire sur ces chiffres... éloquents. »
Vanité, où ça ? Impensable : Asensio ne précisait-il pas quelques lignes plus haut : « Je n'en tire d'ailleurs aucune espèce de sotte gloriole, de ces chiffres, et ne les donne plus bas qu'à titre purement technique. » Ah bon ben si c’est dit à titre purement technique hein. Ce n’est pas comme si Asensio lançait une souscription pour l’hébergement de son blog. Non mais ça reste de l’ordre des détails techniques, ’voyez …
Un peu comme les 8 ( !) panonceaux publicitaires de référencement qui s’affichent en bas à gauche sur le Stalker. On sait jamais hein, des fois qu’Asensio doublerait Loïc Le Meur ! (dont il arrive à causer sur un billet consacré, rappelons-le, à ces miettes de « langue » pour prier… Quand on vous dit que cet homme est plein de Dieu !
Récemment on a vu en action l’humilité sans faille d’Asensio se tressant des couronnes sous le pseudo de Bisbille en réaction à un récent billet dédié aux réactionnaires. Dans ces conditions on comprend que notre prince de la critique s’intéresse surtout au Mal !
En effet Juan Asensio s'intéresse de près aux démons. Sans doute cela lui donne une certaine épaisseur. Un reste de romantisme adolescentin mal digéré, peut-être ? L’explication que j’avancerai est toute autre :
Si Juanito s'intéresse tant aux figures du Mal, c’est en réalité parce qu’il est lui-même un vampire. Comment vous n’aviez pas remarqué ? Ne sommes nous pas en présence d’un cybervampire, d’une authentique goule blogosphérique vampirisant tout ce qu’il touche ? Les auteurs « infréquentables », la Chrétienté, le Mal, quelque malheureuse victime d'un acte de sauvagerie, un mail que vous lui auriez imprudemment envoyé, tout, absolument tout est prétexte à exister davantage pour Asensio. Au fond le Stalker n'est pas tant une dissection qu'une désagréable succion du cadavre de la littérature et du reste... Loin de l'enrichir Asensio assèche chaque jour cette malheureuse carcasse au seul service de son ego.
IV. L'Autre, encore et toujours l'Autre pour tâcher de masquer l'hypertrophie de l'Ego...
Les billets du Stalker sont toujours consacrés aux autres. On se demanderait si Asensio existe au fond tant sa prose est pleine des autres (cela ne cacherait-il pas une secrète haine de soi ?). Comment soupçonner un tel homme d'égocentrisme dans ces conditions?
Voyez comme l'homme est si peu avare en exergues! Ah ces exergues qui chantent la modestie de son auteur, qu'ils sont beaux et grands eux aussi! Et désintéressés...
Ainsi dans la même note sur le Verbe, peut-on lire cette forte pensée de Victor Hugo - il est vrai peu connu pour sa prétention et la modestie de son style non moins fourni en hyperboles que celui de Juan Asensio:
«Il y a des gens qui font la critique de l’Himalaya caillou par caillou. L’Etna flamboie et bave, jette dehors sa lueur, sa colère, sa lave et sa cendre; ils prennent un trébuchet, et pèsent cette cendre pincée par pincée [...].»
Victor Hugo, William Shakespeare.
De sorte que ma dissection du style de Juan Asensio est nulle et non avenue, j'ai pris le mauvais outil en effet. Diable avec mon modeste "trébuchet" je prétends faire trébucher le bel Etna flamboyant et littéraire du Stalker? Allons Tang un peu de bon sens!
Encore faudrait-il que le Stalker soit autre chose que le volcan du Petit Prince... J'en doute. Il n'est que de voir les réactions hypersensibles de Juan Asensio pour identifier définitivement un faible, un pleurnichard mobilisant toute sa pauvre énergie à défendre la fiction chaque jour par lui entretenue de son improbable puissance.
Asensio n'a pas de mots assez durs pour les gauchos geignards, il ne le sait pas mais il est à quelques petites choses près, littéralement de la même flotte insipide ou au mieux sirupeuse.
Pire encore, il fait bien souvent preuve d'un égocentrisme absolument répugnant et résolument étranger à toute considération éthique. Asensio très souvent utilise son blog (publique) pour exposer des échanges de courriels privés afin de s'y mettre en scène dans une fiction polémique assez puérile.
Ainsi en est-il dans le fameux billet (à peine répugnant) consacré à ALS (je ne souhaite pas que son nom figure ici) sauvagement assassinée par un récidiviste, puis une seconde fois assassinée par Asensio qui se permet, excusez du peu, de se mettre en scène dans une fiction assez infecte autour de cette histoire malheureusement bien prosaïque pour la jeune fille et sa famille.
Mais Juan Bisbille nous le dit lui-même il s’en fout pas mal de la dite famille : « De la considération pour la famille ? Cela le regarde mais, si j'étais le père de cette fille assassinée, je serai heureux qu'un inconnu ait écrit un texte d'une telle force » (évidemment avec une telle capacité de décentrement on n’est pas rendu dans le monde réel…)
Mais soit j’ai promis de ne me préoccuper que de la forme alors concentrons-nous là-dessus. Ce qui m’intéresse dans cette note c’est l’étonnante facilité avec laquelle Asensio va publier un échange privé avec un certain Laurent Dandrieu de Valeurs Actuelles, dans le seul but de se mettre une fois de plus en avant :
« Vous savez, la meilleure punition est finalement que je publie votre prose impuissante sur mon blog, et je vous prie de croire que je me contrefous de votre autorisation. [quelle classe !]
Chrétiennement vôtre. »
Chrétiennement, Asensio se charge de punir Dandrieu (du moins le croit-il), et se prétend chrétien. Il m’a d’ailleurs fait l’honneur insigne d’expliciter le brio stylistique et la force de ce billet, en commentaire chez moi :
« Ce qu'il aimerait faire, mais oui, avec la double contrainte placée en exergue, qui apparemment vous a échappée : de sorte que la lame de rasoir, c'est Asensio qui l'a placée, par avance, contre le cou de son texte si je puis dire. » (Mais oui, mais oui vous pouvez Juan !)
L’exergue en question est un passage de l’épître aux Romains : «Mes chers amis, ne vous vengez pas vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu, car l'Écriture déclare : «C'est moi qui tirerai vengeance, c'est moi qui paierai de retour,» dit le Seigneur.»
Épître aux Romains, 12, 19. »
Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même Juan Bisbille m’expliqua que le crime vengeur de sa charmante bluette était d’avance condamné par la dite sentence. Il n’est pas venu à l’esprit de l’intéressé que ce commandement de l’Ecriture pouvait s’appliquer au traitement inhumain qu’il réserve à Dandrieux en publiant son courrier privé et sa stalkerienne réponse sur son blog !
Le ridicule ne tue pas. L’absence d’éthique non plus, car ce n’est ni la première, ni gageons-le la dernière fois qu’Asensio publie un courrier privé soit en très chrétiennes représailles comme ici, soit en présumant à l’avance de l’autorisation de son interlocuteur (ce qu’il ne fit pas ici avec le courrier de Laurence Thomann, journaliste AFP, de la presse donc).
Ainsi lors d’un échange rien moins que courtois avec Jacques de Guillebon :
Plaisante pratique en effet, pas franchement légale ce dont mon anarchisme se fout pas mal mais point du tout morale, ce dont Asensio se (contre-)fout certes. Oublieux de cette évidence : si la morale n’a rien à voir avec la littérature, l’exercice critique suppose cependant une certaine rigueur intellectuelle et un effacement de soi qui apparaissent singulièrement mis en défaut dans ces exemples navrants.
Les mauvaises manières d’Asensio envers ses adversaires sont déjà un signe de faiblesse intellectuelle, de manque de rigueur, mais on peut après tout s’emporter. Soit. Hélas ce genre de cuistrerie peut aussi bien survenir à quelque anonyme bienveillant, voire à un ami du Stalker (Dantec dans une de ses notes).
Ainsi dans une note où Asensio expose sans pudeur le témoignage de soutien apporté en privé par Dominique Autié (alors qu’ils ne se connaissaient pas encore) :
« D’un nouveau lecteur de la Zone, dont je ne savais rien il y a encore quelques jours, qui ne m’en voudra pas de citer une partie de son récent courrier, ces quelques mots réconfortants »
Ah le malheureux Juan Asensio, en mal de réconfort. Il ne peut évidemment pas prendre le temps de demander à son correspondant la permission de citer un passage de son courrier. (ou bien pressent-il le ridicule de la chose au fond ?) Voyons, si on devait mettre les formes dans tout, la vie serait un enfer. Pourquoi pas vérifier ses sources tant qu’on y est ? Quelle drôle d’idée ???
Et justement on va le voir la rigueur légendaire de Juan Asensio est tout de même assez soluble dans les contingences temporelles auxquelles est malgré tout astreint le chrétien promu à la vie éternelle…
V. Rigueur, modestie, impartialité du Stalker et autres vivaces foutaises:
("Critique sans éthique n'est que ruine de l'âme", ma pomme.)
J'aime assez l'épisode Alain Damasio (dont j’ai lu le roman) pour illustrer l'amateurisme dans lequel se fourvoie assez rapidement le si rigoureux Asensio pour complaire à ses sbires réacs fussent-ils de seconde zone comme le dérisoire J.B. Morizot dont Asensio ne sait rien sinon qu'il est étudiant. Soit.
Et donc sans prendre la peine de lire l'excellente Horde du Contrevent de Damasio notre divin critique publie certes une note du brillant transhumain qui a lu et apprécié le dit roman. Mais en guise de contrepoint à ce billet tressant incidemment les louanges d'un auteur fortuitement gauchiste (donc à faible degré d'infréquentabilité hélas!) Asensio publie du dit Morizot une note assez insignifiante et apparemment initialement rédigée en petit-nègre, dans laquelle l'auteur réussit l'exploit de ne causer que d'un vague entretien de Damasio au site du Cafard Cosmique, et ceci sans même prendre la peine de le citer (on nous en fournit le lien, et basta!).
Que l'on soit ou non d'accord avec les positions d'Alain Damasio (dont la réponse sur le Stalker me semble très digne) est une chose. Mais tout de même de quoi parle-t-on? A la critique foisonnante d'un roman qui ne l'est pas moins répond un mesquin démontage d'un malheureux cyber-entretien! Tu parles d'un contrepoint! Et croyez-vous que notre fier Asensio se serait fendu de la lecture du roman de Damasio pour nous livrer sa bonne parole? Que nenni et c'est son droit, mais dans ce cas pas la peine de faire parler les ânes sous sa caution tutélaire. Imagine-t-on un critique qui publierait dans un de ses ouvrages des papiers d’illustres inconnus sur des auteurs que lui n’a pas lu ? Que fait Asensio en publiant ainsi dans sa Zone un article de cet improbable Morizot sur un ouvrage que lui-même ne connaît pas ?
Ce n'est pas la première fois que je surprends la légendaire rigueur asensienne gravement en défaut.
Ainsi en est-il des bienveillantes de Littell, je ne l'ai pas lu mais j'ai le bon goût de ne pas vous donner mon avis sur le sujet. Pensez-vous qu'un fauve christique comme Asensio soit tenu à d'aussi mesquines obligations de rigueur? Que nenni, voyez plutôt:
"Je n'ai pas lu Les Bienveillantes, à ma grande honte peut-être, mais me gênent et m'indisposent, par avance, les propos de son auteur, sorte de premier de la classe ayant travaillé comme un forcené sur un thème imposé, qu'il savait scandaleux aux yeux mêmes de nos professeurs de bienséance, me gênent aussi les critiques consacrées à ce roman : y sont évoquées, systématiquement, des années de préparation intense, une documentation énorme, plus ou moins bien digérée selon les uns et les autres. M'indispose en somme dans ce livre ce que je pressens d'écriture appliquée mais point inspirée, de plaquage de thèses sur un phénomène de toute façon parfaitement inexplicable (je parle du Mal, pas du nazisme... encore que, ce dernier, selon Kershaw par exemple, soit d'une nature difficilement conceptualisable). Me gêne la complication de ce roman, plutôt que sa véritable complexité : non pas, puisque je n'ai pas lu ce livre, me gêne donc l'idée que me donnent ses attentifs lecteurs de la complication du roman. Monsieur Ouine, Le Tentateur, cette Mélancolie de la résistance trop brièvement évoquée et qui, à mes yeux, vaut toutes les découvertes rachetant une lamentable rentrée littéraire, les romans de Cormac McCarthy, ceux de David Peace, également récemment lus : un point commun, évident, unit tous ces livres."
En gros c'est un peu ce que me reprochait Bisbille (Juan donc): je critique Asensio en n'ayant lu que des bribes de son blog. Certes c'est ce que je fais (et c'est déjà un labeur pénible et ingrat). Mais au moins en ai-je lu quelques bribes. Asensio lui n'a aucune honte à confesser qu'il n'a pas lu une page des Bienveillantes (et à ma connaissance ne l'a toujours pas fait) mais peut se prononcer avec le statut de critique reconnu que d'aucuns lui reconnaissent sur ce roman par lui ignoré. L'est balèze le génie des Pyrénées basques!
Car voyez-vous Asensio "pressent", est "indisposé par avance". Cet homme là surpasse de loin les plus grands prédicateurs! Mais que lit-il les livres avant que de nous en parler, c'est une perte de temps!
De toute façon quand Asensio n'a pas le temps de pondre une note, il publie un collaborateur et fait d'une pierre deux coups: son blog reste alimenté (ouf! parce que les stats voyez-vous) et de surcroît ça te pose une stature de réac ouvert franchement bandante. Le seul petit couac c'est que quelquefois on s'interroge sur les critères ayant présidé à la définition de la ligne éditoriale*.
Il n'est que de voir l'amas surréaliste de lieux communs sur la nature et les saisons par un certain Thierry Giaccardi. Ah l'hiver fait méditer parce que comme il fait froid vous comprenez on se replie sur soi. Je force le trait mais à peine. L'auteur a au moins le mérite d'écrire lisiblement ce qui n'est pas le cas d'Asensio.
C’est surtout dans le domaine politique d’ailleurs que ses collaborateurs (n’ayez crainte Asensio je ne fais pas référence aux heures les plus sombres de notre histoire !) ont droit de cité. Je vous laisse le soin impécunieux de constater le brillant de ces plumes qui souscrivent néanmoins étrangement aux vues du maître des lieux. D’autres fois les auteurs d’abord jugés dignes d’être publiés s’en vont tout soudain rejoindre la bande des « nains et mégères » telle Alina Reyes.
Ce qui donna lieu à ce fantastique mea culpa d’Asensio (seul cas authentifié d’humilité – relative certes – de notre divin Zonard !) :
« Je m'accuse, publiquement, d'avoir déshonoré la Zone en acceptant d'y publier, et ce par deux fois, des textes ridicules, ampoulés, mêlant sans force ni talent méditations bibliques loufoques et érotisme ludique, d'Alina Reyes. Car il n'aura fallu qu'une poignée d'échanges directs, violents, sans la moindre concession de ma part à quelque sotte proclamation de bonheur de midinette et de vie d'artiste, pour que se révèle, sous l'apparence douce et timide, le visage véritable de notre romancière polygraphique et, elle n'aime pas le mot qui la cantonne comme une professionnelle de la chair, pornographique. Et dire que, par souvenir lointain de certaine émotion coupable, à la lecture, dès sa parution, du fameux Boucher, j'avais décidé de ne point dire à cette dame charmante ce que je pensais, réellement, de ses petites dégoulinades »
La tartufferie est ici remarquable en ce qu’elle ne parvient pas même à se cacher. Asensio révèle notamment que la disgrâce d’Alina Reyes fait suite à des échanges « violents » (Juan Asensio ? non !), « directs » (bon y avait bien quelques subordonnées à rallonge hein, on ne se refait pas) et « sans aucune concession de [sa] part » (quelqu’un d’aussi modéré que Juanito, je ne puis le croire !) qui auraient donc dégénéré (avec un homme aussi exquis et courtois qu’Asensio encore une fois, est-ce possible ?). On y apprend aussi qu’il peut arriver à Asensio de publier des « textes ridicules, ampoulés » (dixit himself). Diable ! Des textes truffés de clichés, d’un lyrisme ampoulé et de constructions syntaxiques douteuses ? Sur la Zone ? Allons cela se saurait !
Mais cessons d’ironiser et observons plutôt que le digne Asensio, courageux fauve christique a bien failli se laisser aller « à ne point dire ce [qu’il pensait], réellement, de [certaines] dégoulinades » Allons, Asensio se calomnie, un moment de faiblesse nous le montre en proie à la « haine de soi » ! Un mauvais moment à passer.
En règle générale en tout cas Asensio ne tarit pas d’éloges sur ses protégés (le contraire serait il est vrai assez guignolesque, un pudique silence néanmoins serait d’or). Leurs textes publiés dans sa Zone sont de qualité, écrits par des personnes très talentueuses (partageant souvent les vues d’Asensio ce qui est un signe sûr de talent notez !) et comme ses propres productions rédigés dans une langue soignée.
Notre Juanito en effet ne manque pas de flétrir la prose de ses adversaires en relevant les innombrables scories orthographiques (notamment celles d'Assouline). C'est son droit. Mais tout de même au hasard de mes pérégrinations sur son Stalker je ne pus que frémir en lisant sur Nicolas Gómez Dávila :
"Les Scolies apparaîtrons ainsi, à qui voudra bien en répondre, comme les signes de la présence de ces cloîtres détruits, de ces temples saccagés, mais dont les cryptes demeurent, textes implicites, de nos vie intérieures imprescriptibles." Oula, ça pique un peu (Bisbille se plaisait à relever les nombreuses fautes ici…)
On retrouve au passage avec plaisir les métaphores et hyperboles un rien pusillanimes dont notre fier basque a le secret, ah qui dira le cri déchirant, dans les brumes fuligineuses du crépuscule, des cloîtres détruits, des temples saccagés (mais dont les cryptes demeurent!) et (bien sûr) des textes implicites de nos vies intérieures imprescriptibles? C'est proprement bouleversant.
Cela me rappelle la poésie définie par Char comme "vie future à l'intérieur de l'homme recomposé". Citation obscure donnée en sujet de disserte par une prof de fac zélatrice illuminée du capitaine Alexandre et qui péta les plombs – réclamant mon excommunication - parce que j'eus le fier culot de lui rendre une feuille pas tout à fait blanche stipulant que "j'avais déjà lu de la poésie mais jamais de la vie future etc et n'entendais goutte à son char-abias"... Je pense qu'Asensio réagira avec tout autant d'humour et de sens de la dérision à ce billet...
VI. Si l'humour du Stalker m'était conté (information exclusive!):
Attendez, on me signale dans l'oreillette qu’Asensio ne se prend pas toujours au sérieux ! Qu’il peut même faire preuve de dérision. Il ne manque pas en tout cas de nous le rappeler (dès fois que l’on serait oublieux de la chose).
Ainsi dans sa note évoquant la langue pour prier/aimer et aussi un peu pour causer de soi :
« Voici une ancienne note, réponse parfois gentiment amusée (j'ai ainsi conservé l'illustration d'origine) à un beau texte (comme presque toutes les fois qu'il publie sur son blog, l'habitude est désormais prise, exaltante pour ses lecteurs...) de Dominique Autié. »
Admirons avec quel brio Asensio masque sous une modalisation équivoque (presque toutes les fois) le coup de brosse à reluire à son interlocuteur (dont je ne dénie pas les qualités ce n’est pas le sujet, mais tout de même l’intéressé lui-même pense-t-il réellement que ses lecteurs lancent leur navigateur Internet avec exaltation pour lire ses billets ?). Nous avons affaire à un courtisan de race somme toute. Mais ce que je retiens (très mesquinement) de cette phrase, c’est la glose autocentrée sur le ton « gentiment amusé » de la note, et l’illustration de si bon goût qui l’accompagne (eh, eh amusant hein, ah bah j’étais jeune faut dire… Hu, hu !) Admirez le sieur Asensio avec son panneau je fais de l’humour, le signe infaillible d’une tragique absence d’humour en réalité.
On retrouve ce travers ridicule dans une note intitulée « Rentrée littéraire » qui n’est en réalité consacrée (l’habitude est désormais prise, exaltante pour les lecteurs) qu’à Juan Asensio. Outre que la note réalise l’exploit de mutiler dès les premières lignes le Verbe d’un Autre mis en exergue (Albert Caraco écrit « détruir » sans E final sous le clavier du si rigoureux Juanito), elle donne lieu à cette intéressante remarque tout juste narcissique :
« Assez curieusement, nous dit Asensio, vous noterez que mon livre est celui qui s'est laissé, de loin, le plus difficilement photographier, comme s'il était celui qui réfléchissait le plus la lumière extérieure...
Il faut s'en approcher, et encore, suivant une oblique qui, selon Alain, était la marque (signum diaboli) évidente du démon, pour qu'il cesse d'être lumineux; bien sûr, je précise ce point pour les grincheux, j'ai écrit ces mots sans la moindre trace de prétention ironique.
Cette étrange bizarrerie à mettre sur le compte d'un livre pour le moins ténébreux m'a plongé dans une joyeuse méditation. »
Il arrive donc entre deux invectives que le pieux Asensio médite, mais il est alors le sujet de sa méditation. On commence à connaître le zozo et sa très chrétienne humilité. Ce que l’on sait moins c’est que lorsque Asensio médite sur la part de ténèbre de son ouvrage réfractaire aux cellules photosensibles d’un Appareil Photo Numérique, il juge bon de « préciser […] pour les grincheux, [qu’il écrit cela] sans la moindre trace de prétention ironique ».
Mais c’est bien sûr ! Sous cette antiphrase d’une légèreté confondante nous surprenons là Juan Asensio, le seul, l’unique, en flagrant délit d’autodérision ! On se souvient alors que Juan A, avec une rare inélégance, raillait inconsidérément l'esprit "pachydermique" d'un blogueur à l'humour pourtant nettement plus aérien. Je crois définitivement qu’Asensio a parfaitement choisi avec la lourde silhouette du bombardier B2 furtif, le symbole de son légendaire humour, si dénué de pesanteur qu’il fait dit-on tout le charme du personnage et de ses billets…
VII. Et le pire est encore à venir (insoutenable révélation):
Ce qui suit est d'une violence que seuls quelques élus pourront endurer. Exposer ainsi des choses aussi monstrueuses relève pour tout dire de la basse pornographie. Tant pis, qui aime bien châtie bien, alors je suis désolé de vous le révéler mais dans les innombrables notes du Stalker pas une - non pas une malheureuse petite note! - n'est consacrée à l'oeuvre de Vialatte. Or non seulement cet auteur est un génie ignoré mais en plus il était réactionnaire, donc infréquentable.
Alors je pose la question: d'où provient cet étonnant racisme anti-Vialatte, cette vialattophobie digne du plus vil gauchiste? Ce ne peut-être que l'infâme Dantec qui a demandé à Asensio d'éviter cet auteur sous prétexte qu'il finissait chaque chronique par la consécration de la grandeur (consécutive) d'Allah. On voit par là que le critique est un être prudent qui ne sort jamais de chez lui sans son parapluie et regarde à gauche et à droite avant de traverser.
"Et c'est ainsi qu'Allah est grand."
Concluons:
Faut-il donc brûler le Stalker? Non. D'abord parce que cela lui ferait grand plaisir. Saint Asensio immolé par le feu, un martyr est né ! Voir, le martyr est l’humilité chrétienne dans sa plus spectaculaire expression, ce qui ne prédispose certes pas Asensio à la béatification par ce biais (pour miracle syntaxique peut-être ?). Oublions le bûcher pour l’homme, pour ce qui est des œuvres l’autodafé ne semble pas vraiment requis pour les voir sombrer dans l’indifférence dirait-on (mais peut être à tort et en réalité je ne le soulignerai pas si j’avais affaire à un humble et non un drôle de coco agressif et méprisant !).
Le malandrin quoiqu’il en soit n'a pas non plus que des défauts. Son style est imbuvable c'est assez manifeste. Néanmoins, en dépit de son outrance ou peut-être du fait de son outrance on trouve des choses intéressantes dans certains de ses billets qui ne sont pas irrémédiablement médiocrement politisés. Le souci c'est que je craque souvent avant la fin de ses notes, j'ai beau faire également dans le pompeux j'avoue que je m'incline très rapidement face au Stalker... Enfin je suis très convaincu de la qualité des oeuvres exposées par le Stalker pour la simple et bonne raison que certaines me sont conseillées par des amis ou des personnes de valeur, j'irai même y chopper des titres... (Attention je ne m'imagine pas une seconde épargné par Asensio même anonymé ni par ses seconds couteaux pour ces maigres bémols!!!).
Et justement quid de la blogosphère vis-à-vis du Stalker? Tout d'abord il a quand même pas mal d'aficionados, et tous ne sont pas d'obédience réactionnaire loin s'en faut. J'apprécie nettement le blog d'Ygor Yanka réactionnaire vivant au Québéc dont le pseudo est néanmoins écorché (en Ygo Yanka) dans la certes foisonnante blogroll de la Zone. Nageant dans des eaux moins droitières l'excellent blogue du transhumain porte Asensio en grande estime. Par ailleurs, ainsi qu'on l'a vu Asensio compte parmi ses amis l'auteur Dominique Autié, dont le blogue est de qualité et qui est respecté y compris par une belle âme de gauche (que j'apprécie) comme le Comte de Champignac (qui ne se préoccupe pas du Stalker à ce qu'il me semble). Plus près de moi l'ami Manu (que je salue!) confessait sans grande fierté se soigner de son addiction stalkerienne. A l’occasion des bagarres de rue entre Stalker+Transhumain et le dit Montalte (Pierre Cormary), quelques internautes sont venus apporter leur soutien à Juanito (tandis que pas mal d’autres allaient à la curée ce qui n’est pas spécialement glorieux non plus…)
Et certes je crois savoir qu'Asensio a pas mal de détracteurs. Mais il fait apparemment peur, il est rare que l'on s'attaque à lui sur la toile. Outre Montalte qui s’est penché avec sollicitude sur le drôle dans quelques billets de son blog (après l’avoir d’abord pris sous son aile) il y a de cela quelque temps, un certain Wolfram de Kierk blogueur talentueux de tête-à-baffes sur hautetfort, se payait d'abondance les travers de Juanito, avec une culture non moins conséquente que celle de son adversaire. Hélas le blogue a disparu, sans que l'on sache bien pourquoi. Le blogue antiréac « consanguin » assez corrosif dans son genre avait en son temps fait du Stalker sa tête de turc, raillant son goût de l’auto mise en scène, sa vanité, et bien sûr son très imitable style abscons ; néanmoins le dernier billet consanguin date de fin Avril 2007. Depuis la vanité d'Asensio était tout à son aise, à peine menacée le temps d'une polémique autour de Renaud Camus. Et puis, plus rien. Oui il fait peur, c'est évidemment un érudit (même s'il a parfois ses excès de flemme lui aussi comme on l'a vu), c'est bien pourquoi je me suis attaqué à lui sur la forme et non pas sur le fond.
Qui suis-je pour m'attaquer au Stalker? Précisément personne. Je n'ai publié ni roman, ni essai, je ne suis pas plus auteur que critique. Un obscur, pas même érudit. Un "petit prof" de lettres, blogueur au sens propre du terme c'est à dire insignifiant et conscient de l'être. Je m'attaque à bien plus fort que moi si l'on veut, mais peu importe je ne suis qu'un instrument, la seringue dérisoire d'une piqûre de rappel...
C'est là qu'est la cruelle ironie du sort puisque c'est un avorton insignifiant de mon acabit que le hasard (ce cauchemar asensiesque) de mes pérégrinations bloguesques assigna à la tâche de ramener l'hybris du Stalker à de plus humaines proportions. Gageons que sa vanité qui est grande s'en relèvera sans peine.
-------------------------------
Note(s):
* on s'interroge sur les critères ayant présidé à la définition de la ligne éditoriale: Merci à cet amour de George-S (ou S-George?) qui m'a très pudiquement signalé chez Léo Scheer l'incorrection très coupable de ma 1ère formulation: "on se demande vraiment les critères retenus pour le choix éditorial", belle horreur en effet!)
-------------------------------
ADDENDA (électronique):
- Un blogueur que je salue (malgré son islamophobie au mieux tertiaire ;) m'avait fait savoir que mon entreprise de dénigrement anti-stalker lui paraissait bien ambitieuse... En fait il n'en est rien cher Paratext (z'avez vu plus de pub!), j'oserai une analogie cheap comme toute analogie: ce billet est une prise d'Aïkido, il utilise la force de son adversaire pour pallier les faiblesses de son auteur (mézigue). De mon côté sur ce blog mon engagement est minimal, celui du Stalker chez lui est sans limites. On ne peut lui dénier cette forme de courage et de sincérité à tout le moins... En un sens le jeu est truqué, mais ce n'est qu'un jeu...pour moi. Quant à Juan Asensio il peut toujours s'offrir un peu de légèreté, c’est de bon coeur...
- Il m'effleure tout soudain que la validité de mes critiques est essentiellement subordonnée au trafic sur ce blog: Pages visitées (Moy/max) 430 / 1 117 Visiteurs (Moy/max) 100 / 150 --> Damned! C'est Stalker qui gagne. Je m'en vais la queue basse, mais rassurons ces messieurs toujours prompts à dégainer dans l'attaque phallique, la queue basse donc, mais - vérification faite - toujours entre les jambes…
- J’ai décidé de faire de cette note la dernière de « Vaste blogue ! ». Les uns et les autres pourront se déchaîner en commentaire à cette note, là n’est pas le problème. Simplement j’ai consacré beaucoup de temps à ce billet insignifiant. Cela « confirme » très médiocrement un retour à la polémique sur mon bac-à-sable, la fin d’une légèreté péniblement retrouvée à bien des égards. J’aime autant arrêter là. Je laisse à la vanité d’Asensio le soin trouver dans cette fin post-antiStalker la preuve de ma raison d’être anti-stalker, de mon obsession et de mon ressentiment si cela lui chante. La vérité est un peu plus complexe, et la complexité l’effraye peut-être. En un sens oui, c’est bien le ressentiment qui a guidé mes doigts sur le clavier, mais Asensio n’en est pas la cible, la véritable cible de ce ressentiment je ne la connais que trop, ma propre vanité que me rappelle sans cesse celle dégoulinant du Stalker. Mettons-y donc un terme.
- A ceux qui n'aimaient pas "Vaste blogue!", on pourrait leur demander ce qu'ils venaient y foutre! De toute façon ca n'existe pas les gens qui n'aimaient pas VB. Ou alors ce n'était que l'expression de leur ressentiment (quelle trouvaille, un vrai mot-à-tout-faire!)
- A ceux qui ont passé de bons moments ici :
désolémerci pour le temps perdu sur mes notes, merci pour vos commentaires, amusez-vous bien ailleurs. J’ai à faire en d’autres lieux, plus près de ma pomme en un sens, mais beaucoup plus près des autres surtout, voire de Dieu… Je le confesse, je pensais peu à vous en écrivant, je le fais en vous quittant… Tout finit bien qui finit bien. BANG! (Ce n'est rien, du champagne pour fêter cette seconde et dernière mise à mort! Qu'alliez vous imaginer Jean-Edern?)
- Arf non j'oubliais j'ai quand même quelques notes en retard que je dois boucler: une sur Calvin & Hobbes, une sur Meetic (promise à Didier Goux il y a un certain temps), un cauchemar insignifiant, une autre sur la Horde du Contrevent de Damasio et enfin une dernière sur Les fruits du Congo de Vialatte que je devrai terminer d'ici peu. Puis peut-être une ou deux autres mais ce ne sont que des dettes accumulées jusque là. Et si ça se trouve du coup je perdrai l'envie d'arrêter. Mais j'en doute vu la vastitude de ma lassitude... J'alimenterai en revanche le Menu Déroulant jusqu'ici délaissé...
12:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Stalker, Asensio, Juan, Juanito, critique, cadavre, dissection





Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://tangleding.hautetfort.com/trackback/1413197
Commentaires
>J’avoue peiner à comprendre en quoi cet homme pourrait avoir besoin de Dieu…
je fiche ma putain de main à couper que vous n'aurez même pas le courage de fermer les commentaires de ce torchon blasphématoire...
ahahaha honte à vous monsieur tang, honte à vous !
Ecrit par : mouloud | mercredi, 23 janvier 2008
Bonjour Tang !
Bravo pour ce texte, j'ai énormément ri ! merci beaucoup !
Dites-moi, les fauves christiques, vous ne vous en êtes pas remis ;-).
Ecrit par : camille | mercredi, 23 janvier 2008
Bravo, enfin une note intéressante et presque écrite sans faute : il fallait que ce soit sur Stalker...
Les bons sujets inspirent les bons auteurs me direz-vous.
Dites-moi, entre nous : vous l'aimez, hein ? Vous voulez que je vous organise un petit rendez-vous, comme cela, en cachette ?
Je l'ai déjà fait pour Consanguin, qui depuis est devenu un maniaque du jeu d'arcade, Stalker... Eu bon, oui, il n'a pas tout compris mais Stalker (le jeu) ne peut que convenir à un con sanguin non ? (Facile, maugré Camille la laideronne).
Parce que, monsieur le dissecteur du dimanche, votre texte fourmille de petits clins d'oeil, comme si vous étiez ravi que notre matamore pose une seule prunelle sur vous, ce qu'il a fait bien sûr (The Eye..., cherchant le petit Golum contrefait)...
Et puis, quel geste rimbaldien tout de même : cette volonté de ne plus écrire de blog après cette note sublime ! On reconnaît bien là, dans ce geste défintif d'une haute portée littéraire, le professeur de lettres que vous êtes.
Euh, je crois savoir qu'il n'aime pas les caniches à bigoudis, même femelles alors essayez de venir sans Camille, hein...
Ah ! (pastiche, hein, z'allez pas croire...).
Ecrit par : Bisbille | mercredi, 23 janvier 2008
Tang, vous seriez secrétement amoureux de Juanito que je ne serais pas étonnée.
Ecrit par : pbe | mercredi, 23 janvier 2008
Shit, c'est ce que sous entend Bisbille...
Ecrit par : pbe | mercredi, 23 janvier 2008
Bonjour Camille,
Ce billet fera sans doute plus rire des détracteurs de JA que ses afficionados... ;)
Les insultes de Bisbilles elle ne feront rire ni les uns ni les autres. Je pense que leur auteur même s'en trouve secrètement honteux. Du moins l'espere-je (et courgette).
Pbe, Bisbille,
Je suis comme Juanito: je n'aime que moi... La différence c'est que je ne m'en cache pas... Par pragmatisme peut-être du reste.
Ecrit par : Tang | mercredi, 23 janvier 2008
Quelques belles égratignures, Tang.
Quelques jolies formules, aussi. : "Les voies du seigneur sont infréquentables" :-D
Complètement d'accord avec votre vision de la "fiction assez infecte"...
Au final, vous vous en sortez plutôt pas mal et mettez effectivement parfois le doigt (ou même votre grosse papatte) sur ce qui énerve chez le Stalker.
Et voyez-vous, je suis sans doute naïf, mais vous avez assurément fait oeuvre utile (pour Asensio) avec cette note, d'une manière ou d'une autre.
Inch' Allah !
L'islamophobe tertiaire vous salue bien bas.
Ecrit par : paratext | mercredi, 23 janvier 2008
Bonsoir Paratext,
Hum j'espère que vous ne m'en voulez pas pour la référence à nos joutes sur l'Islam... Je n'osais mettre de smiley (autre panneau "j'rigole" certes) et finalement je me suis laissé aller en éditant à l'instant (tout en ajoutant votre lien en sus d'une fournée d'oubliés...Manu si tu passes...) Par ailleurs vous remarquerez qu'il m'arrive de m'accorder avec vous (et pas seulement sur Damasio!) Au passage je publierai d'ici peu une note sur la question du voile, suite à une expérience récente...
Merci pour le compliment consenti. Juan est un sjet intéressant il m'inspire certes et ignore sans doute qu'il m'a donné par un de ses derniers mails une idée un peu solide de sujet de roman (mais je n'ai pas dit que je l'écrirai!). Quoiqu'il en soit heureusement que dans ce lourd pavé s'égarent quelques formules heureuses! Le contraire serait désespérant!
Quant au fait de faire oeuvre utile, cela dépendra tout de même d'Asensio. Ce qui est sûr c'est que j'ai pointé quelques passages et travers précis. Sans "concession" ni gratuité cependant.
Cela dit j'ai surtout fait oeuvre utile pour ma carrière et mon tarfeuille (pas d'actions). Mais après tout je n'ai pas attendu Juanito pour compromettre mon avancement, et en choisissant la voie de l'enseignement ainsi qu'il l'a remarqué je n'ai pas misé sur le pognon (surtout que je suis anti heures sup primaire pour ma part!)
L'anarchiste plus souvent de mauvaise foi qu'à son heure vous salue bien bas Paratext...
Tanguy
Ecrit par : Tang | mercredi, 23 janvier 2008
Je passe, je passe, cher Tang, et je suis l'empoignade depuis le début. Comme vous le dites, j'apprécie le blog du Stalker depuis longtemps et lui suis reconnaissant de m'avoir fait découvrir, et souvent comprendre un peu mieux, pas mal d'auteurs qualifiés de droite et vers lesquels mes penchants naturels ne m'auraient donc pas forcément entraîné (quoique...). Je n'ai rien à reprocher non plus à Juan Asensio puisque les rares et brefs échanges mailistolaires que nous avons pu avoir ont toujours été forts courtois et constructifs. Les articles politiques qu'il publie, sous son nom ou pas, me convainquent moins en général mais bon, ce n'est pas pour ça que je le lis et ne pas être convaincu par une lecture me plaît souvent assez (ça doit paraître bizarre ce que je raconte là mais je me comprends, c'est toujours ça...).
Cela étant dit, il est vrai que sa grille de lecture de la littérature, dans laquelle le Mal tient toute la place, est à la longue réductrice et ne met pas en valeur la grande érudition qui est certainement la sienne. J'abonde dans votre sens pour dire qu'il gagnerait beaucoup à suivre l'exemple de Vialatte et que quelques zestes de dérision, d'humour et de second degré ne gâteraient rien. Même ses louanges finissent par ennuyer à trop utiliser le même procédé. Quant à la lisibilité de ses billets, si elle est souvent mise à mal par son style, elle ne me gêne pas en soi : si j'abandonne de plus en plus souvent les textes les plus longs avant la fin, cela participe d'une tendance plus générale qui touche un peu tous les blogs que je lis, à mesure que s'en allonge la liste dans mon lecteur de flux.
Liste dont je serai bien marri de voir disparaître celui-ci, même si le menu déroulant nous promet un autre type de nourritures probablement aussi savoureuses.
Au final, et même si son comportement dans les commentaires ici et ailleurs me déçoit et me paraît indigne de son blog qui reste de qualité, je garde pour les raisons évoquées au-dessus une certaine prédilection pour le Stalker et me désole, aussi bien pour vous que pour lui, qu'autant de talent d'écriture et de lecture, sans compter le temps, soit employé à de telles querelles : Allah n'en sort pas grandi........
Ecrit par : Manu | mercredi, 23 janvier 2008
Ah vous voila Manu,
Votre parole est d'or... :) Soyons honnête j'ai ouvert les hostilités, néanmoins j'étais sincère dans mes attaques et respectueux de sa personne.
Mon fonctionnement sur le net transparait assez nettement dans l'économie de ce billet à rallonge: je cogne d'abord en suivant mes inimitiés "viscérales" qui sont aussi fortes que mes sympathies et non moins inexplicables, je les justifie ensuite rationnelement et je nuance enfin et fais l'effort de trouver de bonnes choses dans ce que j'ai attaqué....
Ce comportement d'apparence puérile n'est pas totalement gratuit: je trouve qu'une polémique exacerbée est un terreau fertile, ce que l'époque consensuelle néglige trop souvent. (c'est pourquoi outre les aspects personnels - mais plus par flemme que lâcheté je crois - je trouve dommage qu'Asensio ait souhaité sortir du champ purement "verbal"...)
Il y a des personnes avec qui cela passe assez bien et d'autres plus écorchées qui réagissent à fleur de peau et ne laissent guère d'autre choix que l'escalade (car un vieux sage comme Didier Goux l'a remarqué je n'ai rien d'un vieux sage...)
Quoiqu'il en soit vous avez raison quelle perte de temps, sauf s'il en sort quelque chose... Et pour le reste ma foi la fermeture de VB fait suite à la lassitude du temps perdu (notamment à cette polémique et ce billet) mais en même temps je constate que la moindre anecdote amusante (cf la gageure) me pousse vers mon panneau de contrôle H&F... Nous verrons bien (mais de tte façon faut que j'alimente le Menu!)
Cela dit il faudra voir aussi comment se passent les choses avec le rectorat (qui j'en suis certain n'ignorait rien de ce blog mais pouvait faire mine de ne pas l'avoir vu, ce qui désormais devrait être plus difficilement tenable)...
En attendant Allah sortira grandi de la note à paraître demain, un extrait des Fruits du Congo dans l'édition Imaginaire Gallimard (attention j'ai feuilleté le vieux poche chez un ami - réac pur jus - et le texte diffère!) Extrait seul sans commentaire, le passage réveille en moi bien des choses mais je crains de n'avoir pas les mots pour le dire avec la pudeur de l'auteur cité. et préfère cette fois m'abstenir.
A bientôt Manu,
Amicalement,
Tanguy
Ecrit par : Tang | mercredi, 23 janvier 2008
Wouah ! quel billet ! Là, normalement, Juan asensio devrait trouver matière à réponse (et il en est parfaitement capable). Cela étant, vous avez eu tort de citer ce qu'il dit des "Bienveillantes" (roman que j'ai lu), car ses avis, sans même avoir ouvert le livre, sont d'une grande justesse, et, pour le coup, vous servez la soupe à Juan Asensio, ce qui, si j'ai bien compris, n'était pas votre but premier...
Ecrit par : Didier Goux | jeudi, 24 janvier 2008
Bonjour Didier,
Juan Asensio avait rédigé un droit de réponse qu'haut et fort aurait pu me contraindre à publier. Cette histoire ayant trouvé un arrangement amiable j'ai proposé à Juan de publier son droit de réponse par simple déontologie. Mais Juan Asensio a préféré en rester là pour que cette polémique prenne fin.
S'il change d'avis VB est ouvert à son droit de réponse auquel je ne répondrai pas puisque c'est moi qui ai ouvert les hostilités.
Si Asensio maintient sa décision de tte façon je ferai moi même mon autocritique car je comptais mettre en lumière la part de mauvaise foi présente dans mon billet... (il y en a un peu out de même)
reste que pour le sbienveillantes une fois encore je ne critiquais pas le fond n'ayant pas plus lu l'oeuvre en question qu'Asensio mais bien la méthode. Peu importe que les avis de Juan soient justes, nous sommes là dans le contingent. La méthode en revanche est de l'ordre de la nécessité.
Par ailleurs le but était surtout d'étayer mes gratuites accusations d'un précédent billet. Rien d'un "delenda Asensio"... et du reste l'esclandre a pris une toute autre tournure avec les derniers échanges mailesques... :)
Ecrit par : Tang | jeudi, 24 janvier 2008
SUPRESSION par le tenancier: j'ai bien dit plus d'injures Beaujean merci de respecter ma décision.
Ecrit par : Beaujean | vendredi, 25 janvier 2008
Je le lis, mais irrégulièrement et dans le désordre puisqu'il n'accepte pas de commentaires. Donc c'est comme un site figé et froid, sauf qu'il ajoute de nouveaux billets. Si je le citais, ce serait parfois pour un texte vieux de deux ans et je ne vois pas alors l'intérêt de déclencher une polémique sur mon propre blogue, d'autant plus que ce ne serait pas tout à fait régulier comme démarche. Ensuite, cet anachorète n'accepte aucun échange autre que privé et moi je déteste intervenir dans la sphère privée des gens, on n'est pas fait pour s'entendre. On n'est pas faits pour se rencontrer vu ses principes et les miens. Je suis de gauche pure et je ne m'en cache pas, mais hum... j'ai une dilection pour une certaine droite quand elle a du style. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir un jugement moral après.
Ecrit par : Dominique | samedi, 26 janvier 2008
Vous trouverez sur mon blog une note tout à fait mignonne sur votre dissection de la dissection...
Ecrit par : Yanka | dimanche, 27 janvier 2008
Ouais… J’imagine pas un Combet se tripoter le morphème, frénétiser l’insignifiant (longuement !) et tout ça pour finir dans les ossuaires du numérique.
Ecrit par : R. | dimanche, 27 janvier 2008
Monsieur R., ayez l'obligeance de me lâcher le morphème, si vous ne désirez point que je vous tranche le poignet.
Ecrit par : Jules Combet | dimanche, 27 janvier 2008
Alors défiez-vous. Un certain Claude Louis a comme une tendance à vous conchier l’identité– c'est vrai que pour un Jules… Ce n'en est pas moins péché (d'écriture).
Ecrit par : Marius TournadRe(..) | dimanche, 27 janvier 2008
Papa, y a maman qui demande si tu veux boire un café.
Ecrit par : Kévin Combet | dimanche, 27 janvier 2008
@Dominique:
bonjour,
C'est toujours un plaisir de vous lire chez vous ou ici... :) Certes le Stalker n'accepte pas de commentaires mais bon on ne va pas le lui reprocher, je crois que cela partirait immédiatement en bordées d'insultes...
Nous partageons certaine dilection. J'ai jugé bon de préciser votre positionnement politique en effet. Je me doutais que vus lisiez le Stalker même si celui ci n'apparaît pas dans vos liens. pour le reste je n'aurais as commis cette note effectivement peu régulière si JA ne m'y avait invité dans un commentaire dans mon billet sur la réacosphère...
@Yanka: Bnjour, je m'y attednais un peu. Disons que je surveillais votre blog en sommeil, et rien que pour le voir se réveiller je ne peux que me réjouir de mon "crime". cependant je tiens à vous aporter a précision suivante: JE n'ai jamais supprimé ce billet, Haut et fort l'a fait d'autorité parce qu'ils n'avaient pas bien compris la requête de JA (qui ne m'a jamais demandé que de supprimer les commentaires injurieux). N'hésitez pas à me rendre cette justice! (j'ai omis de le préciser dans mes commentaires chez vous et ne souhaite pas en apposer trois à la suite, ce serait ridicule)
@Restif: On peut avoir certaines des qualités d'un Combet (mais pas Jules) et cependant d'autres travers. Nul n'est tenu d'être parfait, il est sain cependant de connaître ses vices et plus encore de les reconnaître (ce en quoi un peu de frivolité s'avère une aide précieuse)
cela dit ne perdez pas votre temps avec Kévin, je subodore déjà que vous pourriez mieux occuper votre temps qu'à me lire!
@Kevin Combet: ...