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dimanche, 03 février 2008

L'autobiographie expliquée aux enfants

Il y a chez l'autobiographe une lucidité admirable à considérer que le plat de sa vie peut être matière à littérature, et une prétention ridicule à penser qu'il sera l'écrivain à la hauteur de cette tâche.

On retrouve une contradiction similaire dans l'aphorisme d'ailleurs. Le hasard fait bien les choses: je n'avais aucune envie de consacrer davantage d'efforts à dire tout le mal que je pense du genre autobiographique. Je me dois de remercier Pierre Driout qui a réveillé sans le savoir mes velléïtés aphoristiques ensommeillées. Sur un blogue (très bien classé) disposant d'une catégorie "Café du e-commerce" ç'aurait été dommage!

 

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Nota:

Au départ l'aphorisme était posé ainsi (voyait-on que je parlais de l'autobiographie?):

"Il y a une lucidité admirable à considérer que le plat de nos vies peut être matière à littérature, et une prétention ridicule à penser qu'on sera l'écrivain à la hauteur de cette tâche"

 

Il n'aura pas échappé aux esprits rutilants qui musardent innombrables sur VB que pour faire plaisir à M. Francis Nag, j'avais sacrifié à l'usage grammaticalement incorrect que je reprochais tantôt à Georges en mélangeant "on" et "nous" dans ce premier jet.

Tournant et retournant la chose en tout sens, je n'ai pu trouver de formulation plus satisfaisante en respectant la grammaire, il me fallait reconnaître ma finitude face à mon adversaire syntaxique et m'en remettre à Vialatte qui disait avec justesse:

 

"Les lois de la prose ne sont pas celles des événements: un historien vraiment soucieux de son style fait perdre ou gagner la bataille suivant les intérêts de sa phrase et non pas ceux d'une ressemblance photographique avec des faits qui auraient pu être tout différents !"
 
Alexandre Vialatte, "Chronique du rien et du presque tout" (20 mars 1962) in Chronique des immenses possibilités
 
 
On postulera qu'il en va de même de la grammaire, à condition de reconnaître humblement nos limites en la circonstance, nous nous permettrons d'enforcer quelque peu le cadre syntaxique de nos phrases dans l'espoir d'une formule heureuse. Que l'on soit homme ou grammairien, que ne ferait-on pour le bonheur? C'est là ce qui rend le grammairien si humain et l'humain si grammairien. Bien fou qui s'en plaindra!

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