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vendredi, 18 avril 2008

Exegèse d'un lieu commun

J'ai utilisé dans une récente note un lieu commun. Mea culpa. C'est l'expression "pièce rapportée" pour désigner un membre de la belle-famille. On le trouvera malséant, et dans le cas présent d'ailleurs il pouvait sembler maladroit.

En vérité c'est tout le contraire, une pièce rapportée c'est une pièce d'abord, sans laquelle le tout n'est plus rien, le bel instrument sans elle se meurt n'ayant plus d'usage, ce n'est déjà plus qu'un vestige, la vie n'y est plus.

La vie n'y est plus? Peut-être bien n'y est-elle pas encore. Et de fait nous disions: "pièce rapportée", non pas "apportée". C'est donc qu'elle était déjà une partie de nous, elle le redevient, elle nous revient comme nous lui revenons.

*    *    * 

La Vérité est aussi dans les lieux communs, Bloy l'a voulu montrer dans son Exégèse. Lisez le. Et je ferai bien à nouveau de m'obéir d'ailleurs, d'écouter un ami plutôt, ce qui est la même chose car les amis nous savent mieux que nous, pas autant que Dieu encore mais déjà beaucoup.

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Commentaires

Vous savez que vous êtes exquis quand vous écoutez votre instinct philologique ? Je ne sais si vous devez écouter vos amis, mais j'en sais un qui ne trouve que que bénéfices à vous ENTENDRE. Et si quelqu'un trouve là un sombre trafic de rheubarbe et de séné, je lui pardonnerais, "parce qu'il ne sait pas ce qu'il dit".

Ps j'ai bien apprécié votre intervention sur Ilys. Césaire a chanté sa blessure, souvent merveilleusement, et il est très vrais que tous asticots sur un cadavre sont de même acabit (petit; cela va sans dire).

Ecrit par : Restif | samedi, 19 avril 2008

"La Vérité est aussi dans les lieux communs"... Je sors en quelque sorte (si toutefois l'on en "sort" tout à fait) d'Aristote et de ses "topoi" dialectiques, voilà donc qui me sonne curieusement - mais pas désagréablement :-).

J'approuve Restif : merci de nous faire si joyeusement ("spinozien" - au moins en ce point - a-t-on dit, non ?) entendre la langue !

Ecrit par : Albertine | dimanche, 20 avril 2008

Restif merci, en l'occurrence ce n'ets pas la première fois que j'entends cette expression , mais sans doute la première fois que je l'utilisais, d'où le déclic.

Je dois filer, merci à tous les deux...

PS:Albertine: le jeu du protrait comme tout ce que je planifie sortira dans un délai indeterminé...

@restif: Un mail ce soir, je serai tranquille.

Ecrit par : Tang | lundi, 21 avril 2008

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